Corr., XII
DwAULT. — JUalie. 28
de Celui qui peut tout. Les puissances de la terre ne sont que des instruments, et malheur à elles lorsqu'elles s*opposent à la volonté irrésistible de Dieu en se décidant selon les principes ordinaires dans les événements visiblement extraordinaires : semblables à un vaisseau entraîné par les vents, elles se perdent en ne voulant pas abandonner le rivage ^ » En la matière cela signifiait que le pape devait abandonner les Anglais et les Russes, tous les ennemis de la France.
Voilà la thèse impériale et son application première. Cétait
l'expression suprême de la pensée de Napoléon sur ce point; car
dès lors il n'eut plus de correspondance personnelle avec le pape
' Pie VII jusqu'au 29 décembre 1812, en revenant de la Bérésina.
Voici Pantithèse pontificale : elle est dans la lettre de Pie VII à TEmpereur, datée du 21 mars 1806, résultat de longues délibérations avec Gonsalvi et le collège des cardinaux, capitale pour la détermination de la doctrine de l'Église romaine; il est par suite utile d'en donner tous les termes essentiels. L'expression en est remarquablement forte.
« Votre Majesté dit que nous sommes le souverain de Rome. Cependant elle dit en même temps que toute l'Italie doit se soumettre à ses lois... Mais pourrons-nous nous taire? Pourrons-nous par un silence qui nous rendrait coupable devant Dieu de prévarication dans notre office et qui nous chargerait d'opprobre devant toute la postérité passer sur la proclamation de maximes de cette nature? — Votre Majesté établit en principe qu'EUe est empereur de Rome. Nous répondons avec la franchise apostolique que le souverain pontife, devenu, depuis tant de siècles dont aucun souverain ne peut se vanter, souverain de Rome, ne reconnaît point et n'a jamais reconnu dans ses États aucune autre puissance supérieure à la sienne; qu'aucun Empereur n'a le moindre droit sur Rome; que Votre Majesté est immensément grande, mais qu'elle est cependant élue, couronnée, consacrée, reconnue Empereur des Français et non pas Empereur de Rome ; que l'Empereur de Rome n'existe point, qu'il ne peut pas exister sans dépouiller le souverain pontife du pouvoir absolu qu'il exerce seul à Rome ; qu'il y a seulement un Empereur des Romains, mais