‹ Napoléon en ItalieChapitre 286 sur 423 · AIT. Elr., Rome, 939, ^ 122 : Fesch à Talle^Tand · texte numérisé non relu

AIT. Elr., Rome, 939, ^ 122 : Fesch à Talle^Tand

440 NAPLES (i805H807)

aux soi-disaDt droits du Saiûl-Siège. Sa Majesté n'a pu reconnaître là que l'extrême impéritie et la mauvaise volonté de la cour de Rome de confondre des circonstances qui ne se ressemblent pas, et, pour qu'il ne reste aucune doute sur ses sentiments. Sa Majesté m'a ordonné de les expliquer clairement et sans détour.

« Sa Majesté ne cherchera'point dans Thistoire s'il est vrai que dans des temps d'ignorance la cour de Rome a usurpé la prétention de donner des couronnes et des droits temporels aux princes de la terre, et si c'est en conséquence de celle prétention qu^elle s'attribue des droits sur la couronne de Naples. Mais, si dans d'autres siècles on trouvait que les papes ont détrôné des souverains, prêché des croisades, interdit des royaumes entiers, on rencontrerait également que les papes onl considéré leur temporel comme ressortissant des empereurs français; et l'Empereur, en montant sur le trône de France, n'a jamais prétendu hériter des droits de la troisième dynastie dont la souveraineté ne s'étendait pas sur la moitié du domaine aujourd'hui soumis à son empire, mais hériter des droits des empereurs français; et la cour de Rome ne prétendra pas sans doute que Gharlemagne ait reçu d'elle l'investiture de son royaume.

« En conséquence, le soussigné est chargé de demander la reconnaissance pure et simple du royaume de Naples; à défaut de cela, il est chargé de déclarer que Sa Majesté ne reconnsûtra plus le pape comme souverain temporel, mais seulement comme chef du spirituel. ... Du reste, le soussigné est chargé de déclarer aussi que, Sa Majesté l'Empereur aura dans tous les temps pour le chef de l'Église la considération et les égards qu'ont eus Gharlemagne, Louis IX et les princes les plus chrétiens, sans cependant lui laisser toucher en rien au temporel et aux droits de la couronne impériale*. »

C'est la querelle du Sacerdoce et de l'Empire dans tout son développement : à qui appartient le droit de donner les couronnes de la terre? Au pape, dit l'un, et il eût pu rappeler qu'il avait autrefois disposé de la couronne d'Angleterre, de celle de Hongrie, comme de celle de Sicile; à l'Empereur, dit l'autre, et à ce moment-là même l'Empereur faisait des rois en Allemagne comme en Italie.

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