‹ Napoléon en ItalieChapitre 288 sur 423 · AfT. Etr., Rome, 939, f · texte numérisé non relu

AfT. Etr., Rome, 939, f

Le pape adressa à Tarchevêque un bref où il lui défendait de prêter le serment demandé, et de souffrir la réduction ou la suppression des couvents, « spoliation violente et injuste » ; le pontife déclarait qu'il ne permettrait pas que Ton renversât en plein calme des institutions saintes échappées à la fureur des ouragans passés, qu'il était temps que la puissance laïque rentrât dans les bornes de son autorité et cessât de porter la main à Tencensoir; que les puissances les plus sublimes de la terre étaient obligées, comme enfants de TÉglise, d'en respecter les lois, sous peine de subir un^ châtiment très sévère. Il annonçait qu'il avait résolu de sacrifier sa vie à la défense de la puissance ecclésiastique et que son exemple devait être suivi par l'archevêque et les habitants de Lucques.

Élisa fut effrayée de « cette provocation incendiaire de la superstition des peuples », car les habitants de Lucques s'agitèrent autour de ces conseils du souverain pontife; même, des régiments de la milice refusèrent de prêter le serment de fidélité. « A Votre Majesté, écrivait-elle à son frère, de décider si le pontife de Rome peut s'opposer aux décrets souverains du chef suprême de l'Empire français*. »

Félix I" et Élisa reçurent de l'Empereur l'ordre d'écrire au pape qu'il devait adresser sa protestation au gouvernement français et ne rien faire qui tende à prêcher la révolte et la sédition à des sujets. Cependant ils devaient se hâter d'achever l'exécution des décrets impériaux : « Ne perdez pas un moment, une heure, pour réunir tous les biens des couvents au domaine... Il faut dire à l'archevêque que ce ne sera pas le concordat de mon royaume d'Italie, mais celui de France, que je ferai publier dans la principauté de Lucques; que non seulement on s'emparera des biens des moines, mais encore de ceux du clergé séculier, et qu'on le mettra à la pension. Si l'on ne se prête pas de bonne grâce, et s'il y a le moindre désordre, je ferai avancer une division française. N'exigez aucun serment des prêtres. Ne vous mêlez dans aucun dogme. Emparez-vous des biens des moines, c'est là le principal ; laissez courir le reste ^. »

Voici le reste. L'Empereur dicta la note que Talleyrand devait

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