Corr., VI, 5317 : à Tatleyrand
de l'armée d'Italie. Un ministre extraordinaire du gouvernement français fut établi à Milan et reçut tous les pouvoirs politiques; il fat chargé de présider la Consulte et d'approuver toutes les mesures prises par la commission provisoire de gouvernement *• Cette mission fut confiée au citoyen Petiet, conseiller d'état, ancien ministre de la guerre du Directoire, qui avait suivi l'armée depuis Dijon comme intendant général. Sous la haute autorité du Premier Consul, il gouverna la Cisalpine, qui ne fut pas tout de suite une nalion libre et indépendante.
L'armistice d'Alexandrie dura jusqu'à la fin de novembre 1800. Les négociations engagées pour la signature de la paix définitive entre la France et l'Autriche n'aboutirent point. La Cisalpine demeura donc sous la charge de Toccupation militaire, dans l'anxiété du lendemain. La guerre demeurerait-elle favorable à la France. Les Autrichiens n'allaient-ils pas revenir victorieux et Tiudicatifs? Bonaparte avait frappé deux fois les armées de l'Autriche? L'Autriche n'allail-elle pas frapper une seconde fois les armées de la France? La Cisalpine n'allait-elle pas être encore le jouet des armées et des gouvernements étrangers?
En attendant, il lui fallait nourrir les troupes françaises et elles coûtaient cher sous le commandement de Masséna. Le 25 juin, en lui confiant le commandement de Tarmée d'Italie, Bonaparte lui arait recommandé « une sévère probité^ ». Dès le 3 août. Brune, chargé de le remplacer, recevait cette confidence du Premier Consul : « Vous trouverez l'armée d'Italie dans une assez bonne situation, ma'ts la dilapidation est à son comble et les individus qui approchent le plus Masséna se trouvent les plus accusés. » Masséna était en même temps invité à venir directement à Paris ou à se retirer quelques jours chez lui pour jouir du repos qui lui était nécessaire; on lui disait l'intention où Ton était d'employer son zèle et ses talents d'une manière différente et également utile à la Répu- Mique'; on fut quelque temps avant de réaliser cette intention.
Il ne s'agit pas ici de faire le procès de Masséna; mais il était inévitable que le pays cisalpin souffrit de la mauvaise administration de l'armée d'occupation. 11 devait fournir aux troupes