AIT. Elr., Rome, 939, t
« l'empereur de ROME » 449
toujours de ce danger; d'ailleurs il avait confiance dans la force de ses armées.
Il écrivait à son frère le 22 juin 1806 : « La cour de Rome est tout à fait devenue folle. Elle refuse de vous reconnaître, et je ne. sais quelle espèce de traité elle veut faire avec moi. Elle croit aussi que je ne peux allier un grand respect pour Tautorité spirituelle du pape et réprimer ses prétentions temporelles. Elle oublie que saint Louis, dont la piété est connue, a été presque toujours en guerre avec le pape, et que Charles-Quint, qui était un prince très chrétien, tint Rome assiégée pendant longtemps et s'en empara ainsi que de tout l'Ëtat Romain. » L'Empereur disait encore à Talleyrand : « Comme prince temporel, le pape fait partie de fait de ma confédération, qu'il le veuille ou non ». Et le ministre développait cette conception, pour l'instruction d'Alquier : « Le pape, comme prince temporel, fait partie de l'Empire. . . L'état ecclésiastique est enclavé dans l'Empire, il en fait essentiellement partie et doit prendre un système politique conforme à sa position... Soit que le Saint-Siège consente ou se refuse à faire partie de l'Empire de Sa Majesté, il ne peut empêcher cet effet inévitable de sa situation. Un Empire n'est pas un royaume. L'Empire est en France, en Italie, dans toute la sphère d'influence qui appartient à Sa Majesté. Les États ecclésiastiques y sont compris; on les conservera par des procédés d'amitié ; perdus, ils ne se recouvreraient jamais ».
Et il en résultait cette conclusion : « Si Rome persiste à se ranger parmi les ennemis de Sa Majesté, il faudra que l'Empereur détache des Étals ecclésiastiques le duché d'Urbin, la Marche d'Ancône, le littoral de Civita-Vecchia, afm d'assurer les communications de la Haute et de la Basse Italie \ »
Or il y avait urgence à secourir Joseph à Naples, car on pouvait craindre que l'insurrection de la Galabre ne s'étendît. Napoléon s'était préoccupé dès le mois de mai d'établir des communications régulières par le littoral de Civita-Vecchia*. Le général Duhesme fut chargé d'occuper cette ville; avec Ancône qu'occupait Lemarois, les États pontificaux se trouvaient enserrés de tous côtés, privés en fait de toutes relations avec le reste de TEurope; le