Aff. Etr., Rome, 939, ^380; — 940, r
plissaient alors en Allemagne. L'Empereur, comme protecteur de la Confédération du Rhin, imposait sa domination à toute l'Allemagne proprement dite, même à des souverains d'anciennes dynasties, liés seulement à la sienne par des mariages rçcents ou prochains. Il était bien plus fort en Italie : il possédait directement le Piémont, il avait fait lui-même le royaume d'Étrurie, il était roi d'Italie et il avait fait de son fils adoptif un vice-roi, de son frère un roi de Naples. Sauf les États Romains, dont il occupait d'ailleurs les principaux points stratégiques, il était le maître de toute ritalie, et pouvait lui donner la forme qu'il voudrait. Comment n'aurait-il pas voulu l'organiser au moins aussi fortement que la Confédération du Rhin? Un empire n'est pas un royaume, comme disait Talleyrand. Les éléments nécessaires du grand Empire étaient la France, l'Allemagne, l'Italie. Le grandiose éditlce n'en pouvait être couronné que par Rome même.
C'était bien là le secret de Napoléon. Mais en 1806, il n'était pas temps encore de l'exprimer par des faits. L'Italie était encore mal soumise ; l'insurrection de la Calabre fut entretenue par les Anglais pendant tout le mois d'août; elle excita pendant longtemps de sérieuses inquiétudes parmi les amis de la France, de secrètes espérances chez ses ennemis. Il n'eût pas été prudent de provoquer, par une entreprise suprême sur Rome, quelque violente réaction dans toute la péninsule, une nouvelle croisade contre la France et la Révolution. Il convenait d'habituer les Italiens au nouveau régime.
Surtout Napoléon avait à ce moment d'autres préoccupations. La formation de la Confédération du Rhin le mit en conflit avec la Prusse, et la Russie en profila pour- reprendre les armes et reformer la coalition; un soulèvement de l'Italie eût donné à l'Autriche l'occasion de s'y joindre et fait la nouvelle coalition plus formidable que la précédente. Il fallait d'abord en finir avec cette nouvelle prise d'armes : ce fut un répit d'un an pour la papauté; Napoléon alla conquérir en Prusse et en Pologne le droit d'achever son Empire.
CtlAPITRE XVÎ
LE GOUVERNEMENT ïïE JOSEPH
I* — lAnlotimge ils lowpti à Napïes. — Snlît'caiî \m «omplolîi. — M lût de Mt*lito, lliisvlcrer, «^L^pinton df. NnpuU^an sur ritj'rl<*rer.
II. ^ I/uho]ition cTe<3 ijroib tiMuliKix (i tioùl 1^06). - I/i HuppftïH^iun iIl^n ruuvcTïts, ^ Le miracle de saint Jjinvit^r* — l/adniîrniilrtiUoii [ïrï/irKtî^'n.* d** Rouïer*.*r. — 1/întroducLion du Code ^i Naples, — Di^ ruULilé du fiOdt% wtloa NafKJÏéon* — Les instilu lions du roi Joseph, — Kcul*:», — firdre» de déctj*
ni. — U^ Lrâilé de TiJ^JLl et Ea quc^etîon de Cattaro. — Les i\m lonîmitim.
^ Ordres àJasi<îph, — Joseph «t iiss généra tu rrsfK;aii> & ^apleii, — Céaar Berliii(?r. ^ L'occupation el 1q ravitaillumeiil dtï Curfou. — Lest iii«riitfrtiM des Anglais. ^
Napoléon apri^s l/ma sV^tait enfoncé dan» les plaines df* h Pologne; dans une lutte [iéniWe avec lu Rus*^it% il pn'*|}arail [»ar t*êpee tm nouvel élargi^ï^ement da ie» conreption» impériale». Cependant il laissa quelque liberliV à Joï^epli pourvu que nulle ftttaÎQte ne fui portée k la pn"' pondérant! de la France mv le royaume de tapies.
Joseph, d ailleurs éclairé par la leç4iR Ae la Calabre, ^(ait tlêi lors moins attaché à *< 5on sy^^léme w et avouait qu'il tetiJl trompe. «« A mesure que je vU ei que je connaiB mieun Ici bamiiies^ èrrÎTait-îl à rEmpf>ri!yr, je reeoDuaîi île pItH i^ plut k Térité de ce que j*ai eoteodu din* ii Volne MajeiOé daut le court de tna vie. Je k Toii liîen aujourd hui : les liommim §oal ce i(oe IÛU5 m^aves dit qulls étaîeul. Qu'un prince conAaot el boa e$i un ;^nifiil Orau do delf Je m'éclaîri*, $m, et j'e^ére êln* bienlAt
un meilleur gouvernant en ne supposant pas à la plupart des hommes Tesprit de justice et de bonté que Votre Majesté, je Tespère, reconnaît en moi*. » Et TEmpereur larrachait à cet accès de mélancolie par des consolations de sa façon : « Vos peuples vous aimeront sans doute, mais après huit ou dix ans de paix, quand ils vous connaîtront bien et que vous les aurez connus. » 11 ne restait donc à Joseph qu'à acquérir la vertu de patience.
Dès le début de son séjour à Naples, il est possible de saisir autour de lui l'action d'une double influence : les uns lui conseillent rénergie, les autres la modération, et il s'entendait mieux avec ceux-ci. Napoléon lui avait envoyé de bonne heure Saliceti pour qu'il en fît son ministre de la police. Avec quelques jeunes auditeurs du Conseil d'État venus aussi de Paris et que les amis de Joseph considéraient comme des espions', Saliceti, qui est de la race des policiers sans scrupule, des Fouché ou des Savarj-, représentait la politique à poigne ; il ne se mettait pas en peine d'obtenir les suffrages des Napolitains, il ne se souciait que de les tenir dans le respect craintif du nouveau régime.
Aussi excitait-il autour de lui de violentes daines et son séjour à Naples fut une lutte continuelle, parfois dramatique, contre les conspirateurs. En juin 1807, pendant que le prince de Hesse débarquait en Calabre pour recommencer la tentative de l'année précédente et soulever encore une fois les paysans, un complot fut organisé à Naples pour appeler les lazzaroni à l'insurrection. Le feu devait être mis à la fois dans quinze endroits de Naples pour produire le désordre et donner le signal de la révolte. Ce complot fut découvert par hasard ; un commissaire de police en fut prévenu par sa maîtresse, dont le père et le frère étaient parmi les conjurés. Les principaux furent arrêtés et condamnés à mort. Le jour de l'exécution, il y eut quelque tumulte autour de l'échafaud et le peuple parut vouloir délivrer les victimes; il fut difficilement contenu. Le prince de Hesse fut battu par Reynier à Milelo, poursuivi jusqu'à Reggio; il put se rembarquer avec 50 hommes; il en avait amené 5 ou 6 000 ^