‹ Napoléon en ItalieChapitre 295 sur 423 · Corr., XVI · texte numérisé non relu

Corr., XVI

bien-être des soldats français; il fînil pourtant par céder un peu, et fit mettre à peu près régulièrement 500 000 francs par mois à la disposition de son frère : c'était la plus grosse part de la solde de son armée.

Cela permit à Joseph d'éviter toute mesure de violence; il se refusa à toute contribution de guerre qui eût tari les sources de la prospérité prochaine, à toute confiscation générale des biens de ses adversaires qu'il préférait essayer de rallier : car il s'inspira toujours de la pensée de se créer des partisans. Il chercha môme la popularité dans Tabolilion de la gabelle; Napoléon ne fut pas content,. car jusle à ce moment il établissait en France l'impôt du sel. « Il y a dans le Journal de Paris beaucoup d'articles ridicules sur Naples. Par exemple il est déplacé de dire que l'impôt du sel a été aboli dans le royaume de Naples, quand je l'établis en France. Diles donc à Rœderer de ne se mêler de rien; il n'y a rien de plus gauche et de plus maladroit que ses articles... Si vous avez aboli l'impôt du sel, vous avez mal fait. Avec ces ménagements vous perdrez votre royaume. Comment aurez-vous une armée, une marine, si vous accoutumez vos peuples à ne rien payer? 11 faut qu'ils payent autant qu'en France où il y a gabelle, enregistrement, timbre, sel, etc. J'ai peine à croire que vous ayez fait la sottise d'abolir Timpôt du sel; vous aurez apporté seulement quelques modifications à la gabelle *. Mais à quoi cela était-il bon à mettre dans le Journal de Paris'i » Rœderer voulait peutêtre montrer aux Français l'excellence du gouvernement de Joseph? 11 apparaît que Napoléon n'aimait point cette comparaison.

Rœderer et Joseph trouvèrent des ressources suffisantes dans l'application prudente des doctrines de la Révolution française. Les domaines royaux dont ils eurent la disposition étaient étendus et riches*; ils avaient suffi jadis à l'entretien du trésor des Rourbons.

Le décret du 4 août 1806, anniversaire de la glorieuse nuit de la Constituante, abolit les droits féodaux. Ils étaient plus nombreux et plus lourds qu'en France. « La loi, dit l'historien de Joseph, rompit ces chaînes chargées d'une rouille gothique; ainsi tomba en un jour l'arbre féodal dont les antiques racines étaient si pro-

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