Voir ci-dessus, p. 406, l'inventaire d'Alquier
fondes et qui faisait tout languir sous son mortel ombrage*. » Les droits féodaux furent rachetés à leurs propriétaires qui furent indemnisés en rentes sur TÉlat; la banque de Naples facilita Topération, qui eut en outre l'avantage de rendre à TÉtat la perception de tous impôts sur toute terre napolitaine et de concentrer plus fortement Tautorité aux mains du roi.
Au mois d'avril 1807, Joseph entreprit de réduire graduellement le nombre des couvents et des religieux de son royaume, dans un but à la fois philosophique et financier. On dirait qu'il s'inspirait de l'œuvre de la Constituante plus que de celle de l'Empereur : Rœderer, ancien Constituant, y était sans doute encore pour quelque chose. Le duc de Cassano, ministre des affaires ecclésiastiques, y fit quelque opposition. Joseph lui-même hésita d'abord; car à Paris on commençait à se déchaîner contre les philosophes, contre Voltaire et Rousseau, on exprimait autour du gouvernement la pensée de ramener le peuple à ses anciennes croyances, pour éviter les maux produits par les opinions révolutionnaires. Puis Rœderer et Miot l'emportèrent sur ces scrupules. On conserva les ordres mendiants qui demeurèrent chargés de l'instruction publique et des établissements charitables; mais on décréta la suppression totale des couvents des ordres de Saint-Benoît et de Saint-Bernard qui étaient les plus riches. Les Jésuites aussi furent expulsés et leurs biens confisqués *.
L'Église se trouva dépouillée de ses ressources les plus importantes. Les curés dépendirent de l'État qui leur assura un traitement fixe; le gouvernement limita l'abus des « accessoires », ce que nous appelons le cçisuel. Il fut interdit aux fils uniques de se vouer à l'état ecclésiastique, « leur première obligation étant de ne pas abandonner les familles dont ils sont Tappui* ».
Toutes ces mesures ne manquèrent pas de produire du mécontentement. Mais saint Janvier ne s'en formalisa point trop, ce qui était l'essentiel. Miot fut le témoin oculaire du miracle annuel du sang de saint Janvier; c'est une occasion dont il faut profiter; il y assista en 1807 comme ministre de l'intérieur et chef de l'administration municipale de la ville de Naples.
i. Du Casse, Mém. de Joseph, II, 335.
2. Miot, II, 333-339. — Joseph, III, 105, 263-330.— Bignon, V, 1.36.