‹ Napoléon en ItalieChapitre 299 sur 423 · Joseph, IV · texte numérisé non relu

Joseph, IV

dramatiques, il eût élé un bon roi ; ce serait lui faire une injure imméritée que de le comparer, par exemple, à son prédécesseur.

Miot avait élé nommé ministre de Tlntérieur; il. avait à s'occuper aussi du commerce et de l'industrie et de tout ce qui concernait la prospérité générale du royaume. Il présida à Torganisation administrative, à la distribution du territoire en départements, à la nomination des fonctionnaires nécessaires. Il accomplit la réforme judiciaire, supprima les juridictions particulières aux diverses classes sociales; il fit Tunité judiciaire, du moins au point de vue des cadres et des tribunaux, car toute justice dès lors fut justice d'Étal, comme en France; tout forum particulier avait disparu dans Tabolition du régime féodal '.

Mais aussi, pour être complète, cette réforme nécessitait surtout l'unité du Code. Napoléon y tenait. Dès le 5 juin 1806, il écrivait au nouveau roi : « Établissez le Code civil à Naples; tout ce qui ne vous est pas attaché va se détruire alors en peu d'années et ce que vous voudrez conserver se consolidera. Voilà le grand avantage du Code civil. Si le divorce vous gène pour Naples, je ne vois pas d'inconvénient de cartonner cet article... Pour les actes de l'état civil, vous pouvez les laisser aux curés. Au moyen de ces modifications, il faut établir le Code civil chez vous; il consolide votre puissance, puisque par lui tout ce qui n'est pas fidéicommis tombe, et qu'il ne reste plus de grandes maisons que celles que vous érigez en fiefs. C'est ce qui m'a fait prêcher un code civil et m'a porté à l'étabhr ^ ».

Voilà un aveu singulier, que l'on peut admettre môme quelque peu exagéré. Bonaparte aurait achevé le Code civil pour hàler la dissolution de la grande propriété féodale et préparer son remplacement prochain par une propriété féodale formée de ses fiefs à majorats. Il est vrai que les origines de l'ancienne féodalité étaient essentiellement dans les bénéfices distribués par les Mérovingiens et les Carolingiens à leurs leudes, transmis et conservés à travers les siècles et constituant ainsi jusqu'à la Révolution la solide assise foncière de la société de l'ancien régime. Le Code civil

1. Miot de Mélito, II, 326. — L'ensemble de Tœuvre de Miot fut résumé dans un Compte rendu au roi sur la situation du royaume de Naples pendant les années 1806 et 1807, présenté le 28 mars 1808, imprimé à Naples en italien et en français.

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