‹ Napoléon en ItalieChapitre 301 sur 423 · Corr., XVI · texte numérisé non relu

Corr., XVI

Romains, observaiMl, donnaient leurs lois à leurs alliés. » Le Code en effet fut introduit à Naples au 1" janvier 1808; il en est demeuré, depuis, la loi civile, môme après la restauration des Bourbons.

En dehors de ces grandes choses, Joseph donnait des soins assidus au développement de la prospérité matérielle et morale du pays. Il fut très charitable; il s'intéressa particulièrement à Tasile des pauvres, « Albergo di poveri ». La cour avant lui donnait beaucoup aux miséreux; il donna beaucoup aussi autour de lui, ému de l'aspect hideux de la misère à travers les rues de Naples et dans beaucoup de ménages ^ Il fonda une école de sourds-muets. Il interdit la mutilation des soprani « et l'humanité cessa d'avoir à gémir* ». Il généralisa Tusage de la vaccine.

II institua une école d'arts et métiers à Nola, une école militaire à Gaserte. Il ordonna la création d'un collège de jeunes gens par province ; il y en eut deux à Naples ; il y introduisit l'enseignement du français, il en fut de même à l'école de jeunes filles qu'il établit à Avise sous le patronage de la reine Julie.

Il réorganisa les archives du Mont-Cassin. Le 17 mars 1807, il fonda une Académie royale d'histoire et d'antiquités. Il est honorable pour lui qu'il soit possible de rapprocher son nom de celui de l'empereur Frédéric II, le fondateur de l'Université de Naples. Il y a dans toute cette œuvre une inspiration très humanitaire et très louable; Napoléon considérait sans doute tout cela avec quelque mépris, c'étaient manifestations d'idéologie. Cela accentue le contraste entre les deux frères.

Joseph n'était pas dépourvu d'une petite vanité parfois amusante et fort pardonnable. 11 écrivait un jour solennellement à Napoléon : « Monsieur mon Frère, Nous avons reçu avec la plus vive satisfaction la lettre par laquelle Votre Majesté Impériale et Royale a bien voulu Nous faire part de l'heureux accouchement de Son Altesse Impériale la Princesse Vice-Reine d'Italie, Sa Très Chère Belle-Fille. Nous remercions Votre Majesté de cette marque de Son affection pour Nous et Nous prendrons toujours la part la plus sincère à tout ce qui peut contribuer à Son bonheur. Nous prions Votre Majesté Impériale et Royale de croire qu'aucun

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