‹ Napoléon en ItalieChapitre 307 sur 423 · Joseph · texte numérisé non relu

Joseph

Castellamare ou Gaëte, car il tenait à ce que cette place commandât à la fois la terre et la mer, afin qu'elle eût double action selon les circonstances et qu'elle offrît toutes les ressources possibles. Dans le même temps TËmpereur cherchait à faire de Venise une grande place de guerre; il faisait fortifier Palmanova et Osoppo derrière la ligne de Tlsonzo, Poladans l'Istrie, Zara en Dalmatie. Il s'armait, et le pauvre Joseph allait être encore emporté dans « fe tourbillon des grands événements* ».

Il n'était pas fait pour cela et y fut toujours emprunté : chargé de commander parfois au nom de TEmpereur, il commandait mal ; il faut lire ses ordres à Reynier : ils sont longs, vagues, contradictoires, encombrés de tirades philosophiques et humanitaires; pour lui dire, par exemple, de ne pas aller trop loin au fond de la Calabre de peur de s'y faire enfermer, il lui écrit d'interminables pages de considérations où les instructions nécessaires sont perdues dans un galimatias d'idéologie. Reynier devait finir par y perdre le respect *.

Jourdan, au gouvernement de Naples, était bien dévoué, bien honnête, « parfait pour moi », écrivait Joseph. Il maria ses filles à Naples, Tune à M. Ferry-Pisani, l'autre au prince de Luperano : ce qui devait être du meilleur exemple. Napoléon encourageait cela. Jourdan pourtant s'ennuyait de la fonction médiocre où on le réduisait; il n'était pas content de n'avoir que 140000 francs de traitement quand les autres maréchaux gagnaient alors des trésors en Prusse et en Pologne. Du moins il se plaignait discrètement \

Masséna n agit jamais qu'à sa guise dans cette expédition de Naples. Quand il voulait il faisait très bien : il enleva Gaëte vivement, dès qu'il fut prêt à s'en occuper, et il écrasa la révolte de Calabre en quelques jours. Puis il tombait dans une oisiveté frondeuse, mécontent de n'avoir que 100000 francs, uniquement avide d'argent*. Joseph eût été bien embarrassé de lui donner des ordres; il était plutôt fait pour en recevoir de lui; il fut content lorsque Napoléon rappela Masséna et lui permit d'appeler Macdonald à son service *.

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