Joseph, II
5. Corr., XII, 10311; XIV, 11376, 11852. — Joseph, III, 240, 301.
César Berthier, qui fut d'abord chef d'élat-major à Naples, fier d'être le frère d'Alexandre Berthier, le prince de Neuchâlel, avait des idées d'indépendance et faisait du zèle hors de propos, il se permit un jour d'écrire sans autorisation à Sydney Smith, établi à Capri, pour entamer des négociations; il en reçut une lettre fort impertinente. Joseph se fâcha, mais n'osa pas punir. Napoléon dut intervenir : « Vous auriez dû le mettre huit jours aux arrêts* ».
Quelque temps après, César Berthier se rendit de nouveau insupportable par les propos les plus inconsidérés; il racontait autour de lui que l'Empereur avait dit qu'il n'y avait à Naples que de mauvais ministres, excepté Saliceti; ce propos était sans doute exact, mais il y a des vérités qu'il convient de garder pour soi. Joseph eut cette fois du courage; il lui enleva la direction de l'état-major et l'envoya au commandement de la division de la Fouille : « J'ai pensé, écrivait-il à l'Empereur en s'excusant, que Votre Majesté ne m'avait pas reconnu roi pour me faire humilier par un étourdi dans ma capitale* ».
Le capitaine de vaisseau Jacob, qui commandait la marine à Naples, refusait d'obéir aux ministres du roi, déclarait ne les pas connaître, n'avoir d'ordres à recevoir que de Paris. Joseph demandait sa destitution, mais ne l'obtenait pas'.
il se plaignait naïvement que « beaucoup d'officiers abusaient de sa bonhomie ». Ils étaient mécontents d'être à Naples, pendant que leurs camarades gagnaient en Prusse galons, décorations et richesses, sans compter la gloire d'avoir leurs noms sur les tables de la Madeleine, et cette irritation jalouse s'exprimait en mauvaise humeur. Napoléon y répondait par un éloge grandiloquent des officiers de la Grande Année : « Officifers d'état-major, colonels, officiers ne se sont pas déshabillés depuis deux mois, et quelquesuns depuis quatre (j'ai moi-même été quinze jours sans ôter mes bottes) ; au milieu de la neige et de la boue, sans vin, sans eaude-vie, sans pain, mangeant des pommes de terre et de la viande, faisant de longues marches et contremarches sans aucune espèce de douceurs, et se battant à la baïonnette et sous la mitraille; très
i. Joseph, II, 109, ilO; 111, 165, 190. — Corr., XIII, 10750, 10755.