‹ Napoléon en ItalieChapitre 311 sur 423 · Joseph, III · texte numérisé non relu

Joseph, III

et toule la responsabilité. Le métier de roi n'avait pas que des agréments sous son terrible frère ^

Mais en arrivant à Corfou, César Berthier s'était empressé d'adresser une proclamation aux habitants et les avait félicités de faire désormais partie du grand empire. Il fut vertement réprimandé par l'intermédiaire de Joseph : « Je n'ai pas chargé le général César Berthier de déclarer que Corfou faisait partie de TErapire, et, puisque je m'étais tu, il devait bien aussi se taire. Témoignez-lui mon mécontentement. Il devait déclarer que la constitution était conservée sur le pied où elle se trouve. Ordonnezlui d'agir avec plus de circonspection et de prudence... Il a eu le très grand tort d'arborer le drapeau français. » On devait pourtant bien comprendre que le moment n'était pas encore venu pour Napoléon de démasquer ses projets, qu'il ne fallait pas avoir l'air de prétendre porter l'empire français jusqu'aux côtes de l'Empire ottoman, qu'il fallait ménageries susceptibilités de la Porte, qu'on avait encore besoin d'elle. Mais ces généraux ne songeaient qu'à triompher bruyamment de toule conquête.

Berthier, qui décidément manquait trop de tact, écrivait qu'à son avis il conviendrait de laisser au pacha de Janina les places de Parga et de Butrinto, qu'il réclamait parce qu'elles étaient situées sur la côte de l'Épire, mais qui faisaient jusque-là partie du gouvernement des Sept-lles, depuis le temps de la domination vénitienne. Napoléon riposta : « Il y a dans cette proposition de la folie. Écrivez-lui fréquemment, dit-il à Joseph, pour lui refroidir la tète et le faire marcher plus lentement. Faites-lui comprendre qu'il ne sait pas, que personne ne sait ce qu'il fera demain et qu'ainsi il doit constamment se maintenir dans un grand système de prudence avec tout le monde. » El dans une autre lettre du môme jour : « Faites-moi connaître pourquoi on n'occupe pas Butrinlo ni les autres points du continent qui appartiennent aux Sept-lles?... Faites ce que je vous dis scrupuleusement puisque vous ne savez pas mes projets ^ ».

Joseph et César Berthier ne comprenaient p*as qu'une part du grand intérêt que Napoléon prenait à la possession de Corfou était justement dans ces villes de la côte épirote, Parga, Butrinto,

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