Corr., XYI, 13402. — Sorel, Vil
A ce moment enflo fut résolue la question de Parme et de la Toscane. Napoléon n'avait laissé jusque-là régner les Bourbons à Florence qu'en considération de son alliance avec l'Espagne : ils 'faisaient parlie de son système politique. Ce système était déjà compromis par la chute des Bourbons de Naples et Napoléon avait fait une première expérience du système des pactes de famille. Il n'élait pas satisfait non plus de la conduite de la régente d'Étrurie. Dès le moment de la rupture avec l'Angleterre, Clarke l'avait invitée à prendre des mesures contre le commerce anglais; elle ne s'y était pas prêtée, et il avait fallu faire occuper par des troupes françaises Livourne et tous les ports de la côte^
La régente laissait au clergé de son royaume une influence qui ne plaisait pas à l'Empereur, parce qu'elle était contraire aux intérêts français. Marie-Louise faisait de fréquentes et longues relraites dans les couvents, aux Gamaldules, à Vallombreuse, à Arezzo et à Gortone, pour se prosterner devant l'image de la Vierge miraculeuse qui avait servi de bannière aux Arrétins en 1799 : souvenir désobligeant pour la France. Peut-être le secrétaire de la légation française, Artaud, dont on a vu le rôle auprès de Gacault, lors de la négociation du Concordat, qui fut plus tard l'auteur d'une Vie de Pie F//, encourageait-il la reine à cette politique cléricale : on a dit qu'il avait été son amant. C'est du moins à cette époque qu'elle créa une députation des bonnes mœurs, appelée encore Académie de religion, sorte de tribunal secret d'inquisition, dont l'inspiration s'accorde avec celle du fameux décret de son mari, du 15 avril 1802. Elle permit la publication de nombreux pamphlets contre la France et contre les philosophes. Le jeune roi ne vivait qu'au milieu des moines, des reliques et des ornements d'église, et il semblait ainsi que cette politique avait devant elle un long avenir*.
Elle n'avait même pas pour la personne de l'Empereur les égards nécessaires. Lors du couronnement de Milan, elle ne fit rien pour aller le saluer au passage, sinon à Milan, du moins à