Marmottan, Le royaume (TEtrurie, p. 426-127, lit
2. AIL Etr., Toscane, n° 158 A, f 153. — Marmottan, p. 136-137, 170.
Bologne, à douze heures de Florence. Elle j^rétexla Tinsuffisance de ses moyens financiers. Le ministre de France, François de Beauharnais, un oncle d'Eugène, intervint pour lui faire comprendre sa faute ; elle répondit qu'elle avait envoyé consulter ses parents et qu'elle attendait leur réponse. Le temps passa et elle nç se déplaça point. Napoléon senlit cet affront, malgré les regrets que la régente ensuite lui exprima. Le 15 août 1806, elle ne prit aucune part à la fête de l'Empereur, malgré Thabitude qu'elle avait prise d'assister ce jour-là au service divin *. A ce moment-là la situation s'aggravait entre la France et la Prusse; une nouvelle coalition se formait contre Napoléon; on en profitait en Toscane pour montrer quelques mauvaises dispositions. Lorsque la guerre recommença en octobre, il y eut dans toute l'Italie une conspiration des malintentionnés qui ne fut contenue que par les nouvelles victoires de l'Empereur*.
Napoléon envoya comme ministre à Florence, en septembre 1806y Hector Aubusson La Feuillade, un descendant du maréchal, un célibataire fort prodigue, riche de dettes, qui « conduisait la politique au son des violons », mais qui pourtant prit aussitôt en face de la régence le rôle d'un censeur très sévère. Sa mission en eut quelque ressemblance avec celle d'Alquier autrefois à Naples '.
11 ne s'entendit point avec Artaud, « un détestable personnage, disait-il; il est impossible d'être plus faux, plus méchant, plus perfide »; « un homme vendu », disait-il encore, parce que la reine avait été marraine d'un de ses enfants et lui avait donné à cette occasion 1 000 écus de pension ; « un intrigant, qui pour s'assurer du crédit insinue qu'il est bâtard du prince de Bénévent ». Artaud fut rappelé par ordre de l'Empereur; son cas était en effet assez grave, car il passa devant une commission d'enquête que présida M. d'Hauterive et fut destitué par décret impérial du 5 février 1808*.
A cette date sa protectrice avait connu une même disgrâce. La
1. Arch. nation. AF. IV, llCl : lettre du prince Eugène. — Marmottan, p. 154*159, 172.
2. Aff. Etr., Toscane, 158 B, T' 219-220. — Marmottan, 358-360.