‹ Napoléon en ItalieChapitre 319 sur 423 · Aff. Etr., Toscane, 159 A, f- 56, 66. — Marmottan · texte numérisé non relu

Aff. Etr., Toscane, 159 A, f- 56, 66. — Marmottan

4. AIT. Etr., Toscane, 159 B, V* 90-93, 108, 125, 187-189, 200, 302, 303, 305-309; — 160 A, r- 9-11, 18.

DniAULT. — Italie. 31

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482 NAPLES (l805-i807)

régente en vain se défendit devant Aubusson de toute mauvaise volonté à regard des Français. Il s'acharna contre son gouvernement, peut-être pour être agréable à la princesse de Lucques qui convoitait la Toscane. 11 reprochait aux ministres de demander à ceux qui les sollicitaient s*ils élevaient bien leurs enfants dans la crainte de Dieu et la haine des Français, de réserver toutes les fonctions à des ennemis de la France. Il exprimait vigoureusement sa haine pour tous les Bourbons en général; il avait totalement oublié à leur égard les leçons de son illustre ancêtre qui brûlait des cierges devant la statue de Louis XIV et voulait être enseveli dessous. Il rêvait le rétablissement de TEmpire d'Occident par la suppression de tous les trônes des Bourbons en Europe. Ils seraient établis en Amérique, et ce serait, affirmait-il, un dédommagement bien avantageux pour eux ; le roi d'Espagne irait au Mexique, la reine d'Étrurie à Cuba, le roi et la reine de Portugal au Brésil; ce serait une opération facile d'ouvrir le commerce par le canal de Nicaragua, ce serait une route nouvelle et commode pour attaquer les Anglais dans ^Inde^ Dans d'aussi vastes desseins, combien le royaume d'Etrurie était petit!

Après le traité de Tilsitt, Napoléon dojina des soins plus assidus à l'exécution du blocus continental. D'abord,, sans que la régente en fût prévenue, MioUis arriva à Livourne, fit confisquer et détruire toutes les marchandises anglaises qu'il y trouva, taxa le gouvernement à 60 000 francs de contribution mensuelle pour l'entretien des troupes françaises. La reine écrivit une lettre suppliante à TEmpereur : on lui conseilla de prendre quelques biens des ordres religieux, de faire comme toute l'Italie, « de marcher avec son siècle^ » : comment se serait-elle rendue coupable d'un tel scandale! Il fut alors question d'un traité d'alliance offensive et défensive entre la France et l'Étrurie : TÉtrurie fournirait en cas de guerre un contingent de 4 000 hommes, assurerait à la France un libre droit de passage, adopterait le Code Napoléon, le système monétaire de France, le même système de douanes que le royaume d'Italie, abandonnerait le commandement de toutes ses troupes à un général français « vu l'inexpérience des généraux toscans'* ».

1. A(T. Elr., Toscane, 158 B, f« 361-365; dépêche du 26 décembre 1808.

2. AfT. Elr.. Toscane. 159 B, f 34 : Champagny à Aubusson, 22 sept. 1807.

3. AIT. Etr., Toscane, 159 B, ^* 62-66 : noie et projet de traité du 24 sept. 1807.

La reine s'effrayait de ce qui se préparait contre elle. Elle avait hâte d'aller saluer PEmpereur à son passage, puisqu'on annonçait son voyage en Italie; elle s'impatientait des retards de ce vopge; elle voulait quand même partir pour Milan; il fallait la retenir. « De toute part, écrivait-elle à Napoléon, on m'annonçait que Votre Majesté était sur le moment d'arriver à Milan; on est bien facile à croire ce qu'on souhaite ; ce pour ça que je me déterminai de partir pour Milan pour avoir le plaisir de voir Votre Majesté. » Et elle tenait la main du petit roi pour lui faire mouler une belle page d'écriture pleine de témoignages d'affection et de reconnaissance pour l'Empereur*.

Napoléon ne s'arrêta point à l'idée d'une alliance avec l'Étrurie. Le traité de Fontainebleau, signé avec l'Espagne, le 11 octobre, fit beaucoup mieux son affaire. Ce fut la contrepartie de celui d'Aranjuez, la fin d'un système. Le Portugal devait être conquis, et une partie devait former le royaume de Lusitanie pour la régente et le petit roi d'Éti'urie; l'Étrurie était cédée à la France ^ C'était la fin de la domination des Bourbons en Italie : ils y cédaient toute la place à l'Empire napoléonien; ils retournaient en Espagne, refoulés le long de la côte de l'Atlantique. Après Naples, Florence, bientôt Madrid.

Le 2& novembre, d'Aubusson fut sans doute satisfait ^'avoir i communiquer à la régente le traité de Fontainebleau. Le 10 décembre, 2 000 Français entrèrent à Florence, sous le commandement de Miollis. Le 12, la reine partit, emportant avec elle le corps de son mari; le soir même, la princesse de Lucques vint coucher à Florence, dans l'espoir d'y coiffer bientôt peut-être une couronne royale. Marie-Louise vit un moment Napoléon à Milan, puis continua sa roule vers Montpellier et Barcelone, vers soa nouveau royaume, qu'elle n'occupa jamais '.

1. AIT. Etr., Toscane, 159 B, f» 173 : leltre du 2 novembre 1801.

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