Meizi, I
Il était donc désigné, par ses antécédents et par son caractère, pour représenter l'indépendance de la République Cisalpine aux négociations de Lunéville, et ses concitoyens firent effort pour Ty décider. Le 8 octobre 1800, le citoyen Pancaldi, qui était chargé à Milan de la gestion des affaires étrangères de la République — ce qui était bien une sinécure — priait Meizi d'accepter d'être député auprès du gouvernement français, en remplacement de Paolo Greppi, qui venait de mourir*. Marescalchi, un mois après, 4 novembre 1800, s'impatientait de ne pas avoir encore Tacceptation de « notre Melzi » ; en attendant, il faisait des démarches pour obtenir du Premier Consul l'admission d'un représentant de la Cisalpine aux négociations ; il cherchait à voir le plénipqtentiaire français Joseph Bonaparte, il n'y réussissait point; Joseph était invisible *, et se disait malade : il n'était malade que pour recevoir une visite importune.
Melzi n'avait pas ces illusions; ses amis, afin de le décider, lui disaienl les intrigues des Génois pour se faire admettre aussi à Lunéville, pour obtenir la faveur du Premier Consul, pour agrandir leur territoire au nord des montagnes dans la direction de Tortone et d'Alexandrie'. 11 refusait, de Saragosse, la mission qu'on lui offrait, il s'excusait sur son état de santé; il savait bien que ni les Génois, ni les Cisalpins ne seraient représentés au congrès de la paix, et que Bonaparte se réservait, par son frère Joseph, de traiter pour eux, peut-être de disposer d'eux, à son gré.
Au traité de Lunéville, le 9 février 1801, il ne fut question de la République Cisalpine que sous la forme suivante :
Art. 11. — Le présent traité de paix est déclaré commun aux Républiques Balave, Helvétique, Cisalpine et Ligurienne; les parties contractantes se garantissent mutuellement Tindépendance desdites Républiques et la faculté aux peuples qui les habitent d'adopler telle forme de gouvernement qu'ils jugeront convenable.
Art. 114. — Sa Majesté Impériale et Royale renonce pour elle et ses successeurs, en faveur de la RépubUque Cisalpine, à tous les droits et titres provenant de ces droits que Sadite Majesté pourrait prétendre sur