Melzi, I, 530 : Marescalchi à Pancaldi
52 MARBNGO (1800-1802)
les pays qu'elle possédait avant la guerre, et qui aux termes de Tarticle 8 du traité de Campo-Formio font maintenant partie de la République Cisalpine, laquelle les possédera en toute souveraineté et propriété avec les biens territoriaux qui en dépendent *.
Les Cisalpins pouvaient encore espérer garder quelque indépendance dans la forme de gouvernement qu'ils jugeraient convenable. Mais quelle pouvait être cette forme de leur indépendance? Melzi se rendit à Paris après le traité de Lunéville pour prêter son concours à ses collègues. Il écrivait alors à son neveu Joseph Palafox, de Saragosse, une lettre des plus curieuses ^ Jamais peut-être il n'exprima plus nettement ses idées, et de plus en plus à partir de ce moment il fut obligé de faire plier ses convictions deyant la volonté de Bonaparte. Il voulait que l'Italie fût assez forte pour garantir son indépendance aussi bien contre la France que contre TAutriche. Il était nécessaire pour cela qu'elle fût organisée en États monarchiques fortement associés, au besoin par les liens du sang. C'est pourquoi il disait à Palafox ses préférences pour la maison de Bourbon, puissante à Naples, établie à Parme, appuyée sur sa parenté avec le gouvernement de Madrid. Un royaume de l'Italie du Nord eût été de force sans doute à organiser la liberté nouvelle et à garantir son indépendance contre de puissants voisins.
Il n'y avait rien dans ce projet qui pût séduire Bonaparte; au contraire. En apparence, c'eût été la suite logique des traditions . de la politique française du xviii' siècle. Depuis l'avènement de Philippe V au trône d'Espagne, le gouvernement français avait toujours poursuivi la politique de l'Italie libre par la maison de Bourbon, et il avait réussi à l'établir à Naples et à Parme. Mais c'était un pacte entre les membres d'une famille à laquelle Bonaparte n'appartenait pas et qu'il avait peut-être déjà le secret dessein de remplacer partout par l'organisation d'un autre pacte de famille. II était mal disposé à fortifier la puissance des Bourbons en Italie, il n'avait pas à se louer de la politique du gouvernement napolitain; un roi de rilalie du Nord, quel qu'il fût, ne pouvait être que l'allié naturel des rois de l'Europe, même s'il devait la