‹ Napoléon en ItalieChapitre 321 sur 423 · Corr., XVI, 13127, 13262, 1327ft · texte numérisé non relu

Corr., XVI, 13127, 13262, 1327ft

pointe du Phare en face de Scylia, et on y monterait une batterie de dix-huit pièces de canon et de six mortiers; on en ferait autant à Scylia; on retrancherait ces batteries de façon à les mettre à l'abri, même par terre; elles feraient « disparaître la mer » et la communication entre Scylia et le Phare serait facile en tout temps. Dès lors la Sicile serait prise, car la communication était tout : du jour où sous le feu des canons du Phare on pourrait faire passer en Sicile toutes les troupes nécessaires, les Anglais et les Bourbons n'auraient plus en effet qu'à l'abandonner *.

Déjà Reynier avait commencé les opérations contre Reggio et Scylia. Reggio fut pris le 2 février, Scylia le 17. Ce fut d'ailleurs l'occasion de sa rupture avec Joseph : les Anglo-Napolitains avaient consenti à capituler, mais non à reconnaître Joseph comme roi de Naples, et l'acte de capitulation fit mention seulement des troupes françaises et de leur général. Joseph fut très froissé et en écrivit à l'Empereur : « J'aurais mieux aimé que ce mauvais château de Reggio fût resté entre les mains des brigands que d'avoir consenti à la condition qu'ils ont imposée au général Reynier de ne point me reconnaître ». Reynier déclara au roi que la capitulation qu'il avait faite pour Reggio il la ferait par toute autre place ^, puis mécontent à son tour il demanda à être renvoyé en France, pour des raisons de santé. Il fut aussitôt remplacé par le général Maurice Mathieu.

Ce qui importait en la circonstance, c'était que les Anglais ne fussent plus à Reggio, et il semble que Joseph aurait pu contenir celte petite et mesquine attaque d'amour-propre royal : il est vrai que depuis longtemps il était vexé que les généraux français ne le prissent point au sérieux. Napoléon se contenta d'observer que ce n'était peut-être pas le moment de se priver des services de Reynier, qui connaissait mieux que quiconque un pays où il commandait depuis deux ans. Mais cela ne changea rien aux événements.

Le 2 février 1808, le général Miollis entra à Rome, sous prétexte de gagner le royaume de Naples. 11 est vrai qu'il était destiné à remplacer à Naples les troupes qui passeraient en Sicile; mais, comme elles n'y passèrent point, il resta à Rome, et ce fut le com-

l.Corr., XVI, 13480.

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