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Joseph, IV

488 NAPLBS (1805-1807)

mencement de la destruction du pouvoir temporel de la papauté.

Le même jour, Napoléon adressait au (sar Alexandre une célèbre lettre où il lui annonçait « l'époque arrivée des grands événements et des grands changements d. Il lui disait le besoin qu'il avait d'éloigner les Suédois de sa capitale et Tinvitait à étendre de ce côté ses frontières aussi loin qu'il le voudrait. Il lui parlait aussi d'une grande expédition en Asie, vers TEuphrale, qui « ferait trembler l'Angleterre et la mettrait aux genoux du continent, écrasée sous le poids des événements dont l'atmosphère serait chargée ». 11 admettait qu'une pareille expédition nécessitât des « stipulations préalables », et cela voulait peut-être dire qu'il faudrait d'abord s'occuper de Gonstantinople et du partage de l'empire ottoman; mais il convenait de renvoyer cela à une entrevue entre les deux souverains*.

A ces entreprises étonnantes la possession de Corfou était indispensable, et il devenait plus urgent de la délivrer du blocus des Anglais. Le 28 janvier, Joseph avait reçu Tordre de donner le gouvernement général des Sept-Iles au général Donzelot. César Berlhier devait rester une quinzaine de jours à Corfou, puis se rendre à Cattaro par terre, visiter cette place, inspecter les chemins, voir toute la Dalmatie, et enfin rentrer à Paris : c'était une destitution, cachée sous divers prétextes, parce que l'Empereur tenait à ménager le prince de Neuchâtel *.

Le 7 février enfin, Joseph reçoit la nouvelle que Ganteaume est prêt à partir; il faut tout préparer à Brindisi et à Olranle pour qu'il ne soit point relardé, de la poudre, des outils, des armes, de l'argent, pour mettre la défense de Corfou dans le meilleur état : € Bondez-la de blé, de farine et autres objets... Corfou est tellement important pour moi que sa perte porterait un coup funeste à mes projets; l'Adriatique serait fermée, et votre royaume aurait sur son flanc gauche un port où l'ennemi recruterail des Albanais et d'autres troupes pour vous attaquer ». L'Empereur répétait encore une fois ses instructions pour les préparatifs à faire à Naples, à Reggio, pour le débarquement en Sicile. Ganteaume n'était pas loin : « Vous sentez que je vous écrirai tous les jours ».

1. Corr., XVI, 498-499. — Voir m^ Politique Orientale de Napoléon^ 245-254.

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