‹ Napoléon en ItalieChapitre 323 sur 423 · Corr.. XVl · texte numérisé non relu

Corr.. XVl

En effet Napoléon écrit encore le lendemain 8 à midi, le même jour à 2 heures, le 9 à six heures du soir. « Vous devez regarder Gorfou comme plus important que la Sicile. La Sicile est une question déterminée et connue, au lieu que Corfou est une question tout à fait inconnue... Souvenez-vous de ce mot : Dans la situation actuelle de TEurope, le plus grand malheur qui puisse m*arriver est la perle de Corfou. Je compte sur votre bon esprit pour m'assurer cette importante conquête à jamais *. »

Il convenait en effet dans le temps où il poussait les espérances du tsar vers le Bosphore, de se donner les moyens de Ty suivre ou de Ty retenir.

Ganteaume partit de Toulon le 10 février, à dix heures du matin, avec deux vaisseaux à trois-ponts, huit vaisseaux de 80 et de 74, plusieurs frégates et bricks et trois grosses flûtes chargées d'artillerie et de munitions de guerre. Il s'en allait vers le Sud avec le vent en poupe *.

Mais il fut dans la nuit même assailli par une violente tempête qui dispersa un moment sa petite flotte. Le contre-amiral Gosmao se trouva séparé de lui avec quelques bâtiments et une des flûtes, la Baleine; même celle-ci fut poussée très loin et obligée de se jeter dans les ports tunisiens. Ganteaume continua sa route.

Gosmao, après Tavoir cherché, ignorant la direction à suivre, guetté par les Anglais, se décida à se réfugier dans le port de Tarente et envoya un officier à Joseph pour lui demander ce qu'il devait faire. Joseph ne voulut pas engager sa responsabilité; il ne savait ce qu'était devenu le reste de la flotte; il conseilla pourtant à Gosmao d'aller à Gorfou ; il y retrouverait Ganteaume ou du moins il pourrait ravitailler la place ^

Ganteaume avait en effet atteint Gorfou ; il avait écarté les vaisseaux anglais qui la bloquaient, et, le 12 mars, il en avait tranquillement opéré le ravitaillement intégral; Gosmao compléta les approvisionnements; pendant quelques jours, ils couvrirent le transport des marchandises accumulées à Otrante et Brindisi^. Gorfou fut à l'abri de tout événement; il était impossible aux

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