CHAPITRE XVlIi
I, — La question des pvéehés italiens vacants*
M, — Après TilalU : Ja lettre impériale de Dresde; le prince Eugène au pape.
^ Ouverture d'une nét^odation, — La mission du cardinal de Bayanne :
la question de nés pouvoirs.
lU. — Pendant le voyage de Venise. — Le gt^nc^ral Lemoroi^ occnpe la dm-M
d'Urbiti el loule îa Marche d'Aucune. — Le rappel du cardinal de Bayanne,
IV. — Préparatifs tnilîtaîres contre Rome. — Knlrt^t; du général MiolHs h. Rome (2 février 1808)- -- Leîs canons français devant le QuirinaL — Le rappel d'Aïquier,
V. — La négociation de Lefcbvrc. — L*incorponi lion des troupes puntiflcales^ La dispersion du collè/ie des? cardinaux. — Rerus du pape d'entrer danii une (j>nfédéraUon Italienne. — Annexion dea provinces d'LTrbin et d'Anc%\n^ au royaume d^lftlie.
Loïï suites dit conflil enEre la France el le Saint-Siège âyaîeiil étt* iiitorrompues par la guerre de Prusse et de Pologne: juste à i-e moinent la correspondance d'Alquier fui airètee par une crise violente de rhumatismes. Pendant longtemps on n'eut à Kome que lie TBgnes nouvelle;^ de ia guerre ; en espérait-on de bonnes ou de mauvaijies pour ri^mpereur? Kn janvier 1807 le bruit courut, parmi <« la populace des prèlreîî el des moines ^j^ comme dit Âlquier, que Napoltion avait tîlé \aincu, grièvemenl blessé, Iransporté à Berlin, que son armée était toule dispersée, déjà refoulée
jusqu'aux bords du Rhin; on racontait même que Gzerny-Georges de Serbie serait à la fin de mars en Italie et rendrait aussitôt à l'Église tout ce qu'elle avait perdu dans les dernières années*. L'imagination des foules est parfois étrange.
On finit par savoir à peu près la vérité ; mais comme d'Eylau à Friedland la fortune parut hésitante entre la France et ses ennemis, on put espérer à Rome que les choses s'arrangeraient de quelque façon.
Cependant le refus constamment opposé par le pape à l'application du Concordat italien, à cause des règlements qui en avaient modifié le caractère, produisait des difficultés croissantes dans l'administration du royaume d'Ualie, et le vice-roi Eugène dut, en mars 1807, demander des instructions à l'Empereur-Roi. A partir de ce moment Eugène va se trouver au premier plan de cette histoire des rapports entre Rome et Napoléon.
11 rappela à l'Empereur les origines de la situation délicate qu'il y avait à résoudre. Au lendemain du couronnement de Milan, l'Empereur, « pour donner au Saint-Siège un témoignage particulier de sa bienveillance », avait nommé quatre cardinaux milanais aux quatre principaux évèchés du royaume. Ils refusèrent, et l'on put penser que la cour de Rome avait conseillé ou approuvé ce refus. L'Empereur, pour ne pas laisser ses sujets manquer plus longtemps de chefs ecclésiastiques, nohma aussitôt de nouveaux évèques et ordonna que ces nouvelles nominations seraient soumises au Saint-Père par le ministre du culte, avec prière d'accorder aux élus l'institution canonique.
Trois mois après, le pape répondit en refusant cette institution, parce que l'Empereur en avait fait présenter la demande par un ministre du culte non reconnu du Saint-Siège, et qu'il s'était écarlé des usages en n'adressant pas à Rome une lettre signée de sa main pour chacun des évèques dont il sollicitait l'institution.
L'Empereur, qui était alors à Varsovie, parmi d'autres soucis, envoya à Rome les lettres qu'on lui demandait. Le pape refusa encore et motiva son refus sur la violation du Concordat italien, sur la nécessité de négocier un nouveau Concordat pour la Vénétie, Tl strie et la Dalmatie, les évêchés d'Adria et de Zara