‹ Napoléon en ItalieChapitre 34 sur 423 · Melzi, I · texte numérisé non relu

Melzi, I

couronne à la France. Bonaparte n'était pas disposé à commettre de ces imprudences. 11 ne se croyait point lié par les traditions politiques de l'ancienne monarchie; il se persuadait bien plutôt qu'il y avait tout à renouveler en Europe, et les Bourbons, plus que toute autre famille royale, lui paraissaient destinés à une ruine prochaine. 11. eût pu sans doute, s'il avait voulu consacrer la liberté de l'Italie, créer dans le bassin du Pô un grand État en faveur du roi de Piémont; c'eût été la suite de la politique de Chauvelin en 1733 ; mais il n'avait pas une conQance absolue dans la maison de Savoie qu'il avait dépouillée et reléguée en Sardaigne. Enfin et surtout il ne voulait pas se fermer l'avenir. L'Italie libre et forte, c'était la France enfermée dans sa fronlière naturelle des Alpes; Bonaparte ne voulait point s'en contenter : outre qu'il ne voulait pas permettre le retour de l'influence autrichienne en Italie, il avait d'ambitieux desseins; dès 1797, il s'était ouvert, par-dessus l'Italie, des horizons sur l'Orient.

C'est pourquoi Bonaparte ne se h&ta point de fonder en Cisalpine un régime définitif. La situation provisoire qu'il y maintint pendant encore près d'un an lui permettait d'étudier le pays, les dispositions des habitants, le personnel politique. Cela avait l'inconvénient de favoriser les ambitions rivales et le désordre ; mais cet inconvénient même était un avantage, en ce sens que, las de ce désordre, les Cisalpins en viendraient sans doute à demander, du moins à accepter un maître.

Il eût été facile au Premier Consul de donner une Constitutioa à la Cisalpine dès le lendemain du traité de Lunéville; il avait auprès de lui des députés italiens, Meizi, Marescalchi, Aldini, avec lesquels la besogne pouvait être vite faite ; mais elle ne l'eût peut-être pas été dès lors à son gré; il préféra laisser mûrir l'occasion.

Cependant Petiet avait toujours la haute main sur la direction des affaires de Milan. La commission extraordinaire de gouvernement était composée de Giovanni Battista Sommariva, de Francesco- Ajmi Visconti et de Sigismondo Ruga ^ Us ne paraissent pas avoir été des hommes de grande valeur politique ou morale ; Melzi avait des mots sévères à leur égard; il les traitait de Jacobins, et ce n'était pas de sa part un terme d'estime. Les circonstances aussi

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