AfT. Elr.» Rome, 940, f* 188 : dépêche d'Alquier
3. AIT. Etr., Rome, 940, ^• 181-183, 188, 315-322 : letlre du pape à l'Empereur, du 11 sept. 1807; dépêches d'Alquier; projet de dépêche de Ghampagny.
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rance que de crainte? Il serait oiseux de démêler cette psychologie : on peut croire néaxrmoms qu'elle avait plus à craindre qu'à espérer. D'ailleurs on attribuait au voyage impérial plus d'importance qu'il n'en devait avoir à l'égard du Saint-Siège.
En attendant l'arrivée de Bayanne, Ghampagny adressa à Gaprara la note des revendications du gouvernement français. Elle était divisée en deux chapitres : affaires ecclésiastiques, affaires temporelles. — Pour les affaires ecclésiastiques, il n'y en avait point en France dont le pape eût à se mêler; l'Ëglise gallicane avait ses privilèges et jouissait de la paix la plus profonde. Comme protecteur de la Confédération du Rhin, l'Empereur exigeait que* le Concordat d'Allemagne fût traité sous ses yeux. En Italie, l'Empereur ne voulait point de moines; il tenait à ce que ses évéques italiens fussent dispensés du voyage de Rome, comme ceux de France; il demandait que Venise et les autres pays annexés fussent compris dans le Concordat d'Italie. Il demandait surtout que le nombre des cardinaux français fût augmenté en proportion de la population de l'Empire. — Au temporel, l'Empereur demandait que la cour de Rome marchât dans le système de la France et se liguât avec lui contre les Infidèles et les Anglais. a Si le pape était seul sur le continent qui voulût rester attaché aux Anglais, le devoir du chef de l'Empire serait d'y réunir immédiatement celte partie de ses domaines. — Si le pape refusait de se rendre à ces propositions, l'Empereur en appellerait pour les affaires ecclésiastiques à un concile général, et il agirait au temporel comme aurait agi Charlemagne. »
Charlemagne dès lors n'était plus employé au passé,, mais au conditionneP.
Surtout, avait dit Champagny à Caprara, il ne faut pas que le cardinal de Bayanne ait des pouvoirs limités, ou il doit rester à Rome. Or Alquier avait laissé entendre que si le pape se résignait à nommer un négociateur ami de la France, sans doute il ne lui donnerait que des pouvoirs restreints. A peine Bayanne était-il en route pour Paris, que le gouvernement français se persuada qu'il en était ainsi de sa mission. Aussitôt l'Empereur écrivit luimême à Eugène de ne pas laisser Bayanne aller plus loin que
1. AIT. Etr., Rome, 940, f" 19:-206 : Note de Champagny à Caprara, du 21 sep. 1807.
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Milan s'il n'avait pas de pleins pouvoirs. Bayanne était déjà passé, en route pour Turin : Eugène fit du zèle, fit courir après lui, le ramena à Milan. Napoléon fut mécontent du petit scandale que cela ne pouvait manquer de produire : Eugène aurait dû le laisser à Turin et Tempècher d'aller plus loin, sous quelque prétexte de maladie; il aurait évité ainsi toute émotion. En même temps Alquier fut réprimandé pour avoir laissé partir Bayanne dans de telles conditions; il reçut Tordre de demander ses passeports, si cette affaire ne s'arrangeait pas immédiatement. Et comme TEmpereur tenait à assurer ses communications avec Naples, sans attendre les effets de la bonne volonté, fort lente, de la cour de Rome, il donna au général Lemarois des ordres pour l'occupation du duché d'Urbin, de toute la Marche d'Ancône, des provinces de Macerata et Fermo; il fut invité à se tenir prêt pour en prendre, au premier ordre, une possession officielle*.
On ne s'était pas trompé à Paris : le cardinal de Bayanne n'avait pas de pleins pouvoirs. Il l'avoua au prince Eugène, à Champagny; il écrivit à Rome pour demander ce qu'il devait faire. En même temps Lemarois partait de Fontainebleau avec des instructions en poche.
La lettre de Bayanne à peine arrivée à Rome, Alquier se rendit chez le secrétaire d'État et annonça l'intention de demander ses passeports; il ne manqua pas de laisser entendre que cette démarche pouvait avoir de graves conséquences. Le pape fut effrayé; il entra en conversation sur les exigences de l'Empereur; il fit des réserves sur la suppression des couvents à laquelle le gouvernem^t français paraissait décidé : « l'Empereur, dit-il, est bien le maître de ne pas tolérer les ordres monastiques dans ses Étals d'Italie; qu'il les renvoie, je ne m'en apercevrai pas; mais sans doute Sa Majesté ne voudra pas exiger que je contribue à supprimer des établissements que je dois paraître protéger* ». La concession était d'importance. Le pape en fit une autre, par la crainte d'une nouvelle mutilation des États de l'Église ; il donna son consentement à un « système fédératif contre les Infidèles et les Anglais » ; il ne dit point s'il s'agirait d'un système permanent
1. AIT. Etr., Rome, 940, f- 217, 218. — Corr., XVI, 13182, 13189, 13210, 13228, 13273, 13281, 13286, 13367.