Aff. Etr., Rome
fenêtres de l'appartement du pape. Il n'y eut pas d autre difficulté; la population même montra peu d'émotion.
Le 3 février, Miollis obtint une audience du Saint-Père et lui porta ses hommages. En présence d'Alquier, qui raconta la scène, le pape répondit au général par des plaintes amères, que désormais il se regardait comme prisonnier, que tant que les troupes de Sa Majesté seraient dans les murs de Rome, une négociation Q*était pas possible et qu*il n'entendrait à aucune proposition. « Les paroles de Sa Sainteté, dit Alquier, l'expression de sa physionomie, le ton de sa voix, étaient visiblement d'un homme égaré par le fanatisme. Le général en a jugé comme moi. On n'a pas connu le pape en France si on l'a jugé un homme simple, doux et facile; je crois l'avoir bien observé, et il m'est démontré qu'il y a peu d'hommes qui aient un caractère plus ardent et plus opiniâtre. » On citait à Rome ce mot de Pie VII : « Dans les temps de sa prospérité, mon prédécesseur avait l'impétuosité d'un lion et il est mort comme un agneau; j'ai vécu comme un agneau, mais je saurai me défendre et mourir comme un lion*. »
Le 8 février, Miollis présenta ses officiers au pape qui leur fit un accueil bienveillant, ne leur reprochant en rien les ordres auxquels ils devaient obéir. Miollis pourtant ne le ménageait guère; il est vrai qu'il avait des ordres pour cela; il devait procéder par intimidation. Le 14 février, il y eut une parade des 6000 hommes de l'armée française sur le parvis Saint-Pierre; Miollis y avait invité le colonel Bracci des troupes pontificales, auquel le pape défendit de s'y rendre. Puis on annonça l'incorporation d'une partie des soldats pontificaux dans les troupes françaises. « Sa Majesté l'Empereur et Roi Napoléon, disait Miollis dans son ordre du jour, témoigne sa satisfaction aux troupes de Sa Sainteté pour leur bonne tenue. Elles ne recevront plus d'ordres à Tavenir ni des prêtres ni des femmes. Des soldats doivent être commandés par des soldats. Les troupes peuvent être assurées qu'elles ne retourneront plus sous les drapeaux des prêtres. L'Empereur et Roi leur donnera des généraux que leur bravoure a rendus dignes de les conduire*. »
Le cardinal Casoni ne répondit que par des protestations plato-