‹ Napoléon en ItalieChapitre 337 sur 423 · AIT. Etr., Rome, 941, f" 155, 329. — Corr., XVI · texte numérisé non relu

AIT. Etr., Rome, 941, f" 155, 329. — Corr., XVI

reprendre la conversation, Miollis continua sa politique d'intimidation; d*une fois à lautre, il augmenta la dose, dans la pensée d'obtenir enfin du pape le consentement attendu, ou bien, dans le cas contraire, de détruire en détail le gouvernement temporel du Saint-Siège pour le faire disparaître doucement, sans qu'on s'en aperçût. L'Empereur, qui connaissait l'effet des coups de tonnerre, connaissait aussi Tart des transitions.

Une partie des troupes pontificales avait été de bonne heure incorporée dans les troupes de Miollis, et l'opinion à Rome était sévère pour les officiers qui avaient ainsi consenti à servir sous les ordres du général français contre le Saint-Siège. Trois de ces officiers donnèrent leur démission : Miollis les fit arrêter et conduire à la citadelle de Mantoue. Le pape alors voulut former de nouvelles troupes, indépendantes du commandement français, et pour les distinguer des premières, il leur donna une autre cocarde aux couleurs rouge et blanche. Sept officiers de la garde pontificale montrèrent avec affectation la nouvelle cocarde à leur chapeau, dans les principales rues de la ville; ils excitèrent de la curiosité, des applaudissements. Miollis se plaignit au nouveau secrétaire d'État, le cardinal Doria, que la nouvelle cocarde était un instrument de désordre, un signe d'intelligence contre les Français. Puis, pour en neutraliser l'effet sans violence, il imagina de donner la même cocarde aux troupes qu'il avait précédemment incorporées. Le pape protesta contre cette nouvelle violation de son autorité temporelle à Rome, contre la privation de son droit souverain d'avoir des soldats à son service*. On le laissa protester.

L'Empereur en écrivait au prince Eugène : « Vous devez faire connaître au général Miollis qu'il n'y a aucune transaction possible avec la cour de Rome, et puisque le pape ne garde aucune mesure et que les ordres du général Miollis sont méprisés, le général Miollis doit s'emparer du gouvernement temporel. Désormais les bataillons doivent traverser le Vatican. La parade doit se faire sur la grande place, sans s'embarrasser si le pape y demeure. Les troupes françaises doivent monter la g-ardc aux portes du palais du pape, comme les troupes italiennes. Je désire

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