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que toutes les troupes du pape se rendent à Âncône et que le général Lemarois les réunisse là et les traite bien. Au lieu du titre que porte aujourd'hui le général Miollis, il prendra celui de général commandant les troupes dans les Ëtats de Rome ^ »
Puis le 25 mars, au lendemain de l'affaire de la cocarde, Miollis donna l'ordre à tous les cardinaux français ou italiens de s'en retourner chacun dans leur patrie. Même le secrétaire d'État, le cardinal Joseph Doria, fut invité à se retirer à Gènes. Comme les Napolitains, ils n'obéirent qu'à la force. Miollis craignait d'être obligé défaire enlever le secrétaire d'État au Quirinal; mais il put l'arrêter dans sa maison et le faire partir de Rome, avec dix autres cardinaux, dans la matinée du 26 mars. Le Sacré-Collège se trouva ainsi presque complètement dispersé.
Le pape, tout en exprimant à ses intimes sa satisfaction de celte persécution déclarée, protesta contre l'impossibilité où on le mettait d'exercer même le gouvernement spirituel de l'Église de Dieu; des pasteurs étaient enlevés à leurs diocèses, le vicaire de l'Église était chassé de Rome. Les gouvernements étrangers furent pris à témoin de ce nouvel attentat; ils enregistrèrent dans leurs archives la note du nouveau secrétaire d'État, le cardinal Gabrielli. L'Empereur dit à Caprara qu'il ne saurait reconnaître le principe que les prélats ne sont pas sujets du souverain sous la domination duquel ils sont nés^
C'était comme une réponse au refus qu'avait fait le pape d'agréer une forte proportion de cardinaux français; on le mettait dans l'impossibilité de consulter les autres. C'était chez l'Empereur l'espoir que, privé de ses conseillers ordinaires, le pape serait plus facile à intimider et à réduire. C'était surtout la poursuite d'un dessein depuis longtemps mûri, celui de supprimer l'un après l'autre tous les instruments de la puissance temporelle et même spirituelle de l'Église. C'était la lente et implacable démolition de l'obstacle que le Saint-Siège opposait toujours à l'achèvement de l'Empire.
Puisque Napoléon rappelait les cardinaux de Rome dans leurs pays respectifs, le pape rappela à Rome le cardinal-légat Caprara :