Melzi, I
rendaient l'administration difficile, et il plaisait à Bonaparte que la responsabilité du désordre fût attribuée au gouvernement provisoire, afin de paraître ensuite le seul capable d*y porter remède.
La seule mesure importante qui fut prise alors, ce fut la division de la Cisalpine en 12 départements par le décret du 13 mai 1801 (23 floçéal an IX)*. Ce furent les départements de TAgogna, cheflieu Novare, du Lario (Côme), de TOlona (Milan), du Série (Bergame), de la Mella (Brescia), de TAlto-Pô (Crémone), du Mincio (Mantoue), du Crostolo (Reggio), du Panaro (Modène), du Basso-Pô (Ferrare,) du Reno (Bologne) et du Rubicone (Cesena). Us furent administrés par des préfets; ils offraient ainsi une grande ressemblance avec la France et paraissaient en être une annexe. Aussi bien toute TEurope de ce temps admirait-elle Tordre absolu et la rigoureuse hiérarchie que Bonaparte avait établis dans l'administration française, et il ne semblait pas qu'il pût y avoir un régime plus parfait.
Cela n'empêcha point le désordre auquel contribuèrent comme à Tenvi les gouverments cisalpins et les généraux français. Visconti se tenait généralement à Técart des affaires et se contentait de donner à la commission extraordinaire un peu du prestige de son nom ; mais Sommariva et Ruga profitaient de la situation pour piller le trésor; ils entretenaient des intrigues à Paris, dans Tespérance d'être bien placés lors de l'organisation définitive de la République ; ils répandaient Tor jusque dans l'entourage du Consul, et Joséphine, qui ne détestait pas les cadeaux et qui préférait les plus beaux, eut avec eux une affaire de collier qui ne fut jamais bien éclaircie '. Les agents subalternes ne manquaient pas de suivre l'exemple qui leur venait d'en haut. Dans ces conditions il restait peu de ressources pour suffire aux exigences des troupes françaises de l'armée d'occupation; elle se payait elle-même et vivait sur le pays.
La paix signée, la Cisalpine avait espéré être délivrée, au moins en partie, de celte occupation militaire très lourde, et ses députés à Paris en sollicitaient fréquemment l'ordre du Premier Consul. Le 4 mai 1801, Melzi écrivait à Pancaldi : « Depuis trois semaines le Premier Consul promet de rappeler l'armée ; depuis