‹ Napoléon en ItalieChapitre 347 sur 423 · Corr., XIX · texte numérisé non relu

Corr., XIX

554 ROMB 1808*1809)

Comme l'Empereur était dans cette disposition, il apprit l'excommunicatioD. « Je reçois à Tinstant, écrivit-il encore au roi de Naples, la nouvelle que le pape nous a tous excommuniés. C'est une excommunication qu'il a portée contre lui-même. Plus de ménagements, c'est un fou furieux qu'il faut renfermer. Faites arrêter le cardinal Pacca et autres adhérents du pape*. »

Les ofOciers de Napoléon n'avaient pas l'habitude de se faire répéter deux fois le même ordre. Us faisaient plutôt du zèle, par crainte des réprimandes souvent brutales. C'est ce qui arriva aux généraux Miollis et Radet, chargés d'assurer Tordre dans les États de l'Église; il faut admettre qu'ils dépassèrent légèrement les instructions de l'Empereur, car tous deux s'efforcèrent ensuite d'expliquer qu'ils ne pouvaient faire autrement ; ils eurent même l'air de s'en excuser.

Voici ce qu'ils racontent et leurs récils s'accordent aux circoustances suivantes.

Le nouvel état de choses, depuis la publication du décret impérial, avait produit quelque désordre à Rome et surtout dans la campagne; il y avait des rassemblements dans les bourgs, une recrudescence de brigandage dans le voisinage des Abruzzes, sur les côtes de la mer, encouragée par le voisinage des Anglo- Siciliens qui venaient de s'emparer des îles d'Ischia et de Procida dans le golfe de Naples (24-25 juin). Ces événements étaient connus à Rome, même amplifiés; ils y entretenaient l'agitation; on disait que le pape allait sortir du Quirinal, le jour de la Saint- Pierre, un grand crucifix à la main, pour fulminer contre les Français et appeler les fidèles à la Croisade : les généraux français prenaient des précautions pour le faire rentrer de force, mais il ne sortit point.

Cependant tout cela inquiétait fort le général Radet; il alla trouver le général Lemarois, qui arrivait de Naples et apportait donc des nouvelles assez graves; ils causèrent de la situation et convinrent qu'il fallait décider l'arrestation du pape, qu'il n'y avait plus d'autre moyen de sauver l'Italie. Ils allèrent ensemble chez Miollis; ils mirent sous ses yeux « le tableau affreux, déshonorant et menaçant de l'esprit public, des faits nés de l'opposition

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