AIT. Etr., Rome, 943, f
La Consulte gouverna les anciens États de TÉglise dans la plus grande tranquillité. Elle procéda à la nomination du Sénat romain, et cela, en éveillant et satisfaisant les petites ambitions dans les plus nobles familles, acheva de faire oublier le gouvernement pontifical. La plupart des églises refusèrent de chanter le Te Deumk la fête du 15 août; manifestation sans importance. Une députalion fut nommée pour porter des compliments à l'Empereur; on ne refusa point cet honneur. Le duc Braschi, un neveu de Pie VI, la conduisit à Fontainebleau, et dit à Napoléon : « Il subsiste encore, ce Capitole où montèrent tant d'illustres conquérants. Il vous attend, Sire; venez y inscrire votre nom immortel. Là s'élève encore et reverdit le rameau de laurier que Nerva déposa dans le temple de Jupiter. Vous seul pouvez le garantir de toute insulte, comme l'aigle de Trajan le préserva des outrages des Germains, du Parthe, de TArménien et du Dace. » Et l'Empereur répondit : « Messieurs les députés des déparlements de Rome, mon esprit est plein des souvenirs de vos ancêtres. La première fois que je passerai les Alpes, je veux demeurer quelque temps dans votre ville. Les empereurs français, mes prédécesseurs, vous avaient détachés du territoire de l'Empire et vous avaient donnés comme fiefs à vos évèques. Mais le bien de mes peuples n'admet plus aucun morcellement. La France et l'Italie tout entière doivent être dans le même système. D'ailleurs vous avez besoin d'une main puissante. J'éprouve une singulière satisfaction à être votre bienfaiteur. Mais je n'entends pas qu'il soit porté aucun changement à la religion de nos pères : fils aîné de l'Église, je ne veux point sortir de son sein. Jésus-Christ n'a point jugé nécessaire d'établir pour saint Pierre une souveraineté temporelle. Votre siège, le premier de la chrétienté, continuera à l'être. Votre évêque est le chef spirituel de l'Église comme j'en suis l'Empereur. Je rends à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César ^ i>
Murât se rendit à Rome le 11 novembre; il y resta jusqu'au 16.
1. Botta, V, 198-200. — Corr., XX, i6007. — U faut lire sur le gouvernement impérial à Rome le récent ouvrage de M. Madelin, La Rome de Napoléon,