‹ Napoléon en ItalieChapitre 36 sur 423 · Melzi, I · texte numérisé non relu

Melzi, I

trois jours le général Berthier annonce que tous les ordres sont donnés pour ne laisser que trois divisions en Cisalpine, Piémont et Ligorie. Quant à l'exécution de ces promesses et de ces ordres, c'est une autre affaire* ». Le <îonlingent de l'armée française en effet ne fut pas diminué, ni les charges qu'elle faisait peser sur la Cisalpine, allourdies par les exactions de quelques généraux. Panealdi s'en plaignait à Marescalchi et lui disait entre autres choses : A Le département du Bas-Pô qui a eu la disgrâce d'être occupé par l'ennemi neuf mois de plus que le reste de la Cisalpine, qui a été inondé par le fleuve, qui n'a pas eu des récoltes proportionnées à sa fertilité naturelle et à ses besoins, qui aurait pour tout cela mérité quelques égards au moment de l'occupation française, a été le plus maltraité... Le commandant de la place de Ferrare, général Varrin, a imposé une réquisition de 600 paires de bottes, 6 000 chemises, 6000 paires de souliers, 6000 chapeaux, outre les approvisionnements de dix-huit jours pour 8000 hommes, quoique la force qu'il commande ne s'élève pas à la moitié de ce chiffre. Le président de l'administration départementale lui montra la convention signée entre les deux gouvernements relativement aux subsistances ; le général la déchira, lui en jeta les morceaux à la figure, le chassa et exigea le paiement immédiat. Il ordonna encore un prêt forcé de 250 000 francs et envoya ses soldats dans les maisons pour en assurer le paiement; la misère était telle et le dénuement si général que même par la violence ils ne purent en obtenir tout le montant. Il obligea la municipalité à traiter pour les subsistances avec un certain Finzi, fournisseur de sa division, malgré les conditions très dures des marchés qu'imposait ce personnage. Les troupes allaient à travers la campagne, levaient partout des contributions arbitraires en argent, dépouillaient les habitants des quelques vivres qu'ils avaient et ne leur laissaient que la faculté de se plaindre. La municipalité de Ferrare devait fournir chaque jour 440 francs pour le dîner du général Varrin et 280 pour celui du général Fresciné, et encore ces chiffres sont le résultat d'une transaction, ils étaient d'abord bien supérieurs. » Et Pancaldi concluait qu'il pourrait donner beaucoup d'autres détails du même genre, et que cependant il ne

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