‹ Napoléon en ItalieChapitre 356 sur 423 · Arch. nalion.. AF. IV · texte numérisé non relu

Arch. nalion.. AF. IV

addilioD changeait lout le sens du succès dont l'Empereur se réjouissait. De plus le pape déclara se réserver une autorité exclusive sur les évéchés des anciens États de TÉglise, au moins de la province de Rome, et répéta qu*il n'avait pas le droit de renoncer à la souveraineté de Rome. Les termes du problème variaient un peu, mais le problème était le même, sans solution. Et il exigeait qu'on lui rendit ses conseillers ordinaires, les cardinaux, pour Taider dans ces graves circonstances du gouvernement de rÉglise.

M S'il ne se croit pas suffisamment autorisé, s'écria l'Empereur, suffisamment éclairé par le Saint-Esprit et par les évoques, pourquoi ne se démel-il pas? Pourquoi ne descend-il pas de sa propre volonté de la chaire pontificale pour la laisser occuper par un homme plus fort de tête et de principes? »

Le pape répondit Iranquillement que « quelque chose que Ton fit il ne se démettrait jamais ».

C'était le 19 février 1812. Quelques semaines après l'Empereur s'engageait dans la campagne de Russie. Au moment de passer le Niémen, il envoya l'ordre de transporter le pape de Savone à Fontainebleau; Pie VU fut installé le 19 juin dans ce palais, dans l'appartement qu'il avait occupé lors du sacre. Napoléon voulait l'avoir auprès de lui pour le moment de son retour qu'il espérait plus glorieux : alors sans doute il briserait le pape, ou le réduirait à fléchir devant ses volontés, ou donnerait la tiare à un autre.

Vaine ambition! Un pape ne pouvait être fait que par les cardinaux, et les cardinaux étaient tous réfraclaires, la plupart en prison; un pape fait par eux serait un autre Pie VII; un pape fait sans eux ne serait pas un pape. L'Empereur ne passerait pas cet obstacle. Il pouvait faire des rois, il ne pouvait faire qu'un antipape; grâce au Concordat et au sacre, l'Église était redevenue trop forte désormais pour céder, car elle a pour elle la durée, et Napoléon ne l'eut pas.

Tout de même Napoléon croyait vaincre, et s'il fut vaincu ce ne fut pas par TÉglise. Charlemagne avait grandi par l'Église; l'Église abandonna Louis le Débonnaire et contribua à la ruine de

son empire. Napoléon avait grandi par la Révolution; il ne devait être vaincu que par les réactions nationales qu'elle suscita.

En attendant, il eut Rome. Il n'eut pas le temps de jouir de sa conquête, ni même seulement de la voir; mais autour d'elle il forma ses plus étonnants projets. Car Rome est le symbole historique de l'unité politique, de l'État centralisé ; la possession de Rome entraînait l'Empereur à la réalisation parfaite de l'unité impériale.

Alors même naissait son fils unique, le roi de Rome, sur le berceau duquel il prépara ses entreprises suprêmes.

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