‹ Napoléon en ItalieChapitre 357 sur 423 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

I. -^ La guêtre de 1809 et le traité de Vienne. — Les dernières conquêtes de l'Empereut. — Le mariage autrichien et la naissance du roi de Rome.

II. •— Le gouvernement d'Eugène à Milan. — Sa docilité à Tégard de TEmpereur. —Son mariage avec Auguste de Bavière. — L'organisation de l'Italie. — Velléitésd'indépendance. — Les institutions du royaume. — L'union avec la France. — Les statuts constitutionnels de décembre 1807 : la'monarchie impériale. ^

III. — Eugène à l'époque du divorce. — Le grand-duché de Francfort. — La déchéance d'Eugène au profit du roi de Rome.

Les choses dltalie n'avaient été pour rien dans les causes des armements nouveaux de TAutriche en 1809. Celte guerre est la seule peut-être que Napoléon n'ait pas voulue, où il ait été vérilablement provoqué. Il est vrai qu'il n'avait pas cessé de faire tout ce qu'il fallait pour exciter les inquiétudes de l'Autriche et que celle-ci crut que les circonstances enfin lui seraient favorables, grâce aux affaires d'Espagne.

Elle avait refusé de reconnaître rétablissement de Joseph à Madrid*. Elle craignait que Napoléon, tout-puissant après avoir

i. AIT. Etr.. Corr., Vienne, n" 382, f» 100.

Driault. — Italie. ^ •

vaincu les Espagnols, ne fût alors plus difflcilc à conlenir. Elle pouvait compter, sinoïi sur le concours, du moins sur la neutralité bienveillante de la Russie; elle le savait depuis les entretiens du baron de Vincent avec Talleyrand aux conférences d'Erfurt. Sans doute elle était inquiète aussi de Texlension de Tempire français en Dalmalie ; mais elle y avait consenti en 1805 et Napoléon ne lui donna de ce côté nulle occasion de protester; elle ne manifesta aucune émotion de Toccupation des bouches de Gattaro et de Corfou après le traité de Tilsilt.

Ce qui fut pendant plusieurs mois le sujet de ses plaintes, ce qui servit de prétexte et ce qui' fat une raison suffisante de ses armements, ce fut la question de TAllemagne. Depuis la formation de la Confédération du Rhin en 1806, elle n'avait pas cessé de s'armer, et la situation de ses finances en était compromise. Andréossi écrivait en février 1809 : « On est dans les finances depuis longtemps en état de guerre; Tarmée dévore tout et cela ne peut pas durer. » Et il citait un mot du comte Zichy : < Je connais la situation de nos affaires, il nou^ faut la guerre*. » Dans sa note officielle adressée le 27 mars à la France pour y réunir ses griefs et légitimer Touverture des hostilités, le gouvernement de Vienne protestait contre la constitution de la Confédération du Rhin; c'était un peu tard, mais jusque-là il n'était pas prêt à s^y risquer; il y voyait une violation du traité de Presbourg, qui avait sanctionné l'existence de l'Empire d'Allemagne et reconnu Sa Majesté Impériale et Royale (il s'agissait de François II) comme le chef de cet Empire. Depuis lors le traité de Tilsitt avait permis à Napoléon de fortifier encore sa puissance en Allemagne par l'écrasement de la Prusse, la création du royaume de Westphalie et du grand- duché de Varsovie, l'allongement de la domination française sur toute la frontière septentrionale de l'Autriche; TAulriche n'avait pas été consultée pour tout cela; elle se plaignait d'avoir été obligée, sans façons, de reconnaître toutes ces nouveautés. Menacée dès lors dans son indépendance, elle s'était armée : Napoléon avait prétendu l'en empêcher; elle n'était pourtant pas encore vassale. Le 30 juillet 1808, de Bordeaux, il avait sommé le gouvernement de Vienne, par Tintermédiaire de son

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