Air. Etr., Corr., Vienne, 382, r
ambassadeur à Paris, Mélicrnich, de désarmer immédialeméBl, et en même temps il avait appelé les princes de la Confédération à des préparatifs militaires. Mal satisfait des assurances de Metternich, renseigné sur la continuatron des armements aulrichiens, il avait lancé bruyamment de Valladolid une circulaire aux princes allemands pour leur ordonner de tenir leurs contingents sur le pied de guerre : mesures de précaution contre rAutriche où l'Autriche voyait des menaces contre son indépendance, ef elle avait peut-être raison, et c*est pourquoi les hostilités étaient inévitables*.
Car l'Autriche ne désarma point; elle ne le pouvait pas sans avouer sa faiblesse, sans reconnaître la suprématie de l'Empereur des Français. Ce sont les termes dé Tappcl adressé à la <c nation allemande » par Tarchiduc Charles en entrant en Bavière. « S. M. TEmperour d'Autriche doit à regret recourir à la voie des armes. Elle le doit puisque l'Empereur des Français ne veut laisser subsister aucun État qui ne reconnaisse sa suprématie et qui ne se soumette à ses plans de conquête. Elle le doit puisqu'il exige que l'Autriche renonce à son indépendance, qu'elle désarme, pour s'abandonner au gré des événements et au bon plaisir du conquérant. Elle le doit encore parce que les armées de l'Empereur des Français et celle des alliés qui sont sous sa dépendance se sont rassemblées et constituées en état d'agression contre l'Autriche*. »
11 serait oiseux, surtout ici, d'analyser avec une précision rigoureuse les premières responsa\)ilités de l'agression, qu'elles soient dans l'ambition toujours nouvelle de Napoléon ou dans les inquiétudes dé l'Autriche. Il apparaît bien que VAulriche y fut encouragée par les événements d'Espagne, par le départ pour ce pays des meilleures troupes de la Grande Armée, et par Tagitalion des Allemands contre la domination française. Car elle compta sur les Allemands, qui comptèrent sur elle; elle tenta de faire avec eux ce que fit la Prusse en 1813. Le caractère particulier de celte guerre fut en effet d'être une guerre nationale. Dodun, chargé d affaires de France à Vienne après le départ d'Andréossi, écrivait en mars : « La guerre n'est pas seulement voulue par le gouvernement comme en 1805, mais ensemble par le gouvernement,
1. Aff. Etr., Corr. Vienne, 382, f"« 177-182 : note autrichienne du 27 mars 1809.