‹ Napoléon en ItalieChapitre 37 sur 423 · Melzi · texte numérisé non relu

Melzi

fallait pas prolester, car une dénoncialion aurait été sans doute beaucoup plus funeste qu'utile*.

Il convient sans doute de ne pas généraliser cette situation ; il est possible que toutes les villes de la Cisalpine n'aient pas été traitées de la sorte. Pourtant ces plaintes furent unanimes; il en vint de tous les points de la République ^ et on est disposé à admettre qu'elles n'étaient pas exagérées, puisqu'elles n'étaient pas destinées à aller jusqu'au gouvernement français : elles devaient seulement servir d'arguments aux députés cisalpins à Paris pour obtenir le reirait de ces troupes.

Marescalchi, Aldini et Serbelloni furent en effet reçus en audience à la Malmaison le lA juillet 1801. Ce fut unr entretien très animé d'environ une heure. Avant de les laisser parler, Bonaparle leur dit combien il s'intéressait à la condition de l'Ilalie, qu'il en était très préoccupé, mais qu'il était extrêmement difficile de lui donner une constitution; cela demanderait encore quelque temps de réflexions. Alors ils se décidèrent à parler de la situation militaire, non certes pour se plaindre, mais pour dire l'insuffisance de leurs ressources. Le Premier Consul les arrêta, leur déclara que l'occupation française était indispensable à leur sécurité, que sans elle ils seraient aussitôt la proie de l'étranger, et qu'il fallait bien payer cet inappréciable service; que, pourtant, la paix étant assurée, on pourrait ne laisser en Italie qu'une armée de 30 000 hommes, que l'on diminuerait à mesure que l'armée de la Cisalpine serait organisée. Il fut impossible aux députés de savoir à quelle date commencerait cette libération et Bonaparte se hâta de parler d'autre chose, éclata tout à coup en reproches violents contre le gouvernement de Milan : « Il ne commet que des sottises, il fait la guerre aux prêtres ; il chasse de toutes les fonctions les gens sages pour mettre à leur place la canaille ; mais je connais ces coquineries et j'y mettrai de l'ordre' ». L'audience fut brisée là, et la Cisalpine n'en eut pas un grand soulagement.

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