Eugène, H, 13, 47, 180. 213. — Corr., Xll
procédure. Napoléon intervint, ordonna le silence, et le bruit s'apaisa. Gela n^afrectait en rien la domination française en Italie*.
Dès janvier 1806, Eugène avait été nommé gouverneur des provinces vénitiennes. La réunion de ces provinces à TUalie ne fut accomplie que par les décrets du 30 mars. 1806, ceux-là mêmes qui donnaient aussi la couronne de Naples à Joseph. Il y fut décidé que l'héritier présomptif de la couronne dMtalic porterait le litre de prince de Venise, et quelques jours après Eugène fut autorisé à prendre ce titrée Douze duchés furent créés dans les États vénitiens, ceux de Dalraalie, Frioul, Islrie, Trévise, Bellune, Feltre, Cadore, Conégliano, Bassano, Viccnce, Padouc, Rovigo. Ce n'étaient pas des fiefs; leur possession ne conférait aux titulaires aucun droit politique, ni môme aucun droit de propriété; ils ne distrayaient pas un morceau de territoire de Tautorité administrative du vice-roi. Ils étaient simplement Toccasion pour Napoléon de récompenser par de grosses dotations des serviteurs dont il avait à se louer : c'était le partage du butin fait en pays de conquête.
Il paraît que ces mesures rencontrèrent de l'opposition. En Italie, on se plaignit qu'aucune de ces dotations ne fût réservée à des Italiens, mais que toutes le fussent à des généraux ou ministres français comme pour faire sentir aux vaincus le poids de la conquête, car le budget italien allait s'en trouver grevé de plusieurs millions annuels. L'Empereur se donna la peine de répondre à ces critiques dont Eugène lui transmit Técho : « Les duchés doivent être la récompense exclusive de mes soldats. J'ai traité Venise comme pays conquis, sans doute; Tai-je obtenu autrement que par la victoire? Il ne faut donc point trop éloigner cette idée. Mais le droit de victoire terminé, je les traiterai en bon souverain, s'ils sont bons sujets. Je vous défends de jamais laisser espérer qu'aucun Italien ni Vénitien puisse être nommé à aucun des duchés*. » N'est-ce pas la déclaration formelle que ritalie ne sera pas indépendante? N'est-ce pas la volonté arrêtée de la tenir attachée par ces « fiefs » français à l'Empire?