Eugène, II, 128-120, 218-219. — Corr., XII
588 LE ROI DE ROME (l809-18i2)
Sauf cela Venise fui bien traitée, mieux qu'en 1797. « J'ai désiré, écrit TEmpereur le 17 août 1806, que tous les chefsd'œuvre d art restassent à Venise, pour ne pas humilier cette ville*. » Et il se réjouissait d'avoir, en reprenant Venise aux Autrichiens, réparé le mal qu'il avait fait à l'Italie au traité de Carapo-Formio. Quelques prétentions à l'indépendance s'affirmèrent; il fut question d'envoyer des députés à Paris pour solliciter de l'Empereur la proclamation de la liberté de l'Italie; on y retrouve encore Aldini. Tous ceux qui s'en mêlèrent furent notés comme intrigants; ils étaient plus naïfs encore. En fait de députalion, Napoléon n'en attendait que pour lui rendre hommage. Qu'on lise cette étrange lettre à Eugène : « Il serait assez convenable qu'une députalion de Vénitiens, composée d'hommes les plus considérables et les plus connus, se rendît à Paris, tant pour me prêter serment au nom de leurs compatriotes que pour me témoigner leur contentement de faire partie du royaume d'Italie. Je les recevrai à Paris avec apparat, et cette démarche serait convenable sous tous les points de vue; mais il faut que l'initiative vienne d'eux... Tâchez de faire tomber les choix sur des hommes dignes d'être faits membres de la Légion d'honneur, susceptibles d'être nommés chambellans et d'occuper des emplois de cour ou des places dans l'administration. » Voilà seulement comment l'Empereur pouvait entendre l'indépendance du pays vénitien ^.
Il y eut quelque mécontentement. 11 y eut un peu de désordre en septembre 1806, dans les départements de la Brenla et du Bacchiglione, lors de la première application de la conscription : cela n'eut pas de conséquence*. On annonça en 1808 une conspiration dans le Vicenlin; renseignements pris, i^ ne s'y trouva qu'un seul individu, qui fut arrêté*.
Il y eut sans doute de secrètes colères contre la domination française; elles sont diflicilement saisissables; il faut se garder de la commune tendance où Ton est de généraliser les cas individuels. Il semble certain que les Italiens aspirèrent à l'indépendance; il est