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Eugène. iV

LE ROYAUME D'ITALIE b89

cerlain qu'ils ne firent pas d'opposition au gouvernement impérial. Napoléon n'eut mftme pas besoin de leur promettre l'indépendance à une échéance quelconque : cela était utile, à la Consulte de Lyon, en 1802, lorsqu'il voulait établir sur eux son autorité; cela n'avait plus de raison d'être du jour où il était le maître, et il n'y songea point. Quelle mutilation pour son empire que d'en détacher l'Italie! Et pour qui? Il ne commit point ce contre-sens.

Eugène eut surtout à s'occuper d'administration militaire; car l'Italie resta jusqu'au bout comme une nlarche de l'Empire. L'Empereur sans doute lui réservait des destinées plus heureuses; mais il ne put fermer les. portes du temple de Janus, il ne put établir la grande paix romaine.

Tout de suite il demanda à Eugène les rapports, les étals de situation les4)lus minutieux; sans cesse il gourmandait la lenteur des communications qu'il exigeait; dès février 1806 il lui aurait fallu connaître tout le détail des affaires de Venise, des biens domaniaux, des biens religieux, de toutes les ressources. Un aide de camp, Bataille, eut le malheur de perdre un jour des dépêches : <c Mettez-le pour quelques jours aux arrêts, écrivait Napoléon au vice-roi. Un aide de camp peut perdre en route ses culottes, mais il ne doit perdre ni ses lettres ni son sabre. Le paquet dont le vôtre était chargé n'était pas si gros qu'il ne pût le mettre dans l'intérieur de la voiture et sous sa main; alors il ne les aurait pas perdus. Tous ces gaillards-là sont des freluquets *. »

Pendant tout son gouvernement Eugène eut à donner les plus grands soins aux fortitications de Palmanova et d'Osoppo, de part et d'autre d'Udine, destinées à couvrir la frontière de l'isonzo : Napoléon sentait qu'il y avait là une des portes de son empire. Mais surtout Eugène présida personnellement à la formation de l'armée italienne; peu à peu il fut possible de retirer presque tout le contingent français, ce qui n'eut pas lieu même à Naples. 11 n'y avait en 1805 que quelques régiments italiens, lent développement de la légion italique de Lecchi, qui avait passé les Alpes avec Bonaparte avant Marengo; au temps de l'administration de Melzi, les officiers français avaient fait de leur mieux pour retarder les effets de la conscription, ils se plaisaient en Italie. Il n'en fut plus

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