‹ Napoléon en ItalieChapitre 366 sur 423 · Eugène, II, 98-99; III · texte numérisé non relu

Eugène, II, 98-99; III

ainsi sous le gouvernement d'Eugène, parce que l'armée itaiîeDDC alors ne risquait plus de devenir une armée nationale ; elle restait une division de Tarmée française. Elle put donc être organisée régulièrement ; Napoléon ne cessa pas d'en appeler les meilleurs éléments à son service ; il les employa en Espagne : « La prise de Madrid, écrivait-il à Eugène, a été due particulièrement au courage et à la bonne conduite de mes troupes italiennes '. »

En 1809, elle comptait 80000 hommes et jouait un rôle capital dans la guerre contre TAutriche. Eugène pressait aussi avec une grande activité les armements navals à Venise, et brûlait de s'en servir contre les Anglais; Napoléon était obligé de contenir eeUe jeune impatience.

Cependant les institutions civiles et religieuses de la France étaient successivement étendues au royaume d'Italie. De bonne heure le séquestre avait été mis sur les maisons religieuses et le Concordai italien appliqué à tout le pays de Venise : il en était résulté un grave conflit à Rome. Estimant qu'il n'y avait pas besoin de deux catéchismes, Napoléon prétendait introduire en Italie le catéchisme de France; mais il avait toujours peur de se tromper en matière canonique : < Le mieux, disait-il à Eugène, serait que quelque évoque le publiât dans son diocèse comme catéchisme diocésain ; mais il Tant mettre à cela beaucoup de prudence et de secret*. »

Le Code Napoléon fut naturellement publié à Venise dès les premiers jours de l'annexion. L'organisation judiciaire fut achevée à l'image de celle de la France, par la création de quatre cours d'appel, à Milan, Venise, Bologne et Brescia. Des écoles furent fondées, une école centrale des ponts et chaussées, une école des sourds et muets, un conservatoire de musique à Milan, huit lycées*. La culture intellectuelle, au moins dans les classes aisées, se développa grandement; quoique Napoléon n'ait presque rien fait pour l'instruction des classes inférieures, son règne est la suite, à Rome et en Italie, du mouvement philosophique du xviu* siècle.

Cela constituait la véritable unité, l'unité morale de son empire,

1. Eugène, IV, 248 : lettre de FEmpereur, 16 décembre i808. — Corr., XVIU, 14731.

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