‹ Napoléon en ItalieChapitre 372 sur 423 · De Clercq, II · texte numérisé non relu

De Clercq, II

2, A. Lumbroso, Correspondance de Mural (179i-180S)^p. 440-441. — Masson, IV, 381.

qu'il conserverait la constitution accordée par son prédécesseur, qu'il ^venait avec son épouse la reine Caroline-Auguste, qu'il Yeaait avec le prince Achille son héritier royal, qu'il venait «vee ses autres Ste encore enfioits se Mnfier i la foi et à Tamour des Napolitains, quUl espérait que les fonctionnaires feraient tout leur devoir, qui consistait à donner satisfaction aux populations et à mériter ainsi la bienveillance du souverain*.

L'îlot de Capri dans la baie de Naples avait été enlevé par les Anglais le jour même de l'entrée solennelle de Joseph à Naples en juin 1806 ; de là ils rendaient impossible tout commerce dans les golfes de Naples et de Salerne ; ils entretenaient d'activés relations avec les ennemis du gouvernement français; ils tenaient Naples dans l'inquiétude d'un débarquement; tant qu'ils étaient là, l'occupation française gardait un caractère précaire. Murât prit à cœur de délivrer sa capitale de cette menace. Ce fut, dit M. F. Masson, t une des plus jolies actions de guerre de la période impériale ». La garnison de Capri était commandée par le lieutenant-colonel Hudson Lowe, dont Coletta dit qu'il était « dotto in astuzia di polizia, inesperto di guerra ». Dans la nuit du 3 octobre 1808, le général Lamarque conduisit ses troupes à la pointe de la presqu'île de Castellamare et de Sorrcnte; des petits bateaux arrivèrent de Salerne et de Naples pour préparer le débarquement. La milice napolitaine, entraînée par l'ardeur que montraient les Français, voulut se battre avec eux. Ce fut un bel élan d'enthousiasme. Malgré l'arrivée de deux frégates anglaises, Murât et Lamarque jetèrent leurs soldats sur la côte de Capri ; le 16, ils ordonnèrent l'assaut des positions d'Anacapri, qui furent enlevées à la pointe de la baïonnette; le 18, Capri à son tour tomba, et toute l'île appartint aux Français. Les Napolitains furent fiers d'avoir contribué à celle victoire; tout de suite ils furent gagnés par ce séduisant soldat qu'était Murât, éblouis par son panache. On oublia Joseph *.

1. Francesco Guardione, Gioacchino Murât in Italia (coD carteggi e doca menti, inediti), p. 34.

2. Aff. Etr., Gorr. Naples, n" 132, f" 273; au ^ 285, on trouvera un extrait du Courrier de Naples sur celte affaire, avec une Garte pour suivre les opérations. — F. Masson, IV, 388. — F. Guardione, p. 37. — Botta, V, lOMlO. — Coletta, Sloi*ia del Reame di Napoli, III, 67. — A. Bonnefons, Marte-Caro' Une, p. 369.

11 n'y eut qu'un tout petit nuage sur ces journées radieuses. U vint de Paris. Murât avait communiqué la nouvelle de sa victoire à TErapereur par son ministre des affaires étrangères, comme cela se fait entre souverains alliés. Napoléon répondit, en guise de compliment : « Une note de votre ministre des relations extérieures m'a appris la prise de Capri officiellement; cela est ridicule. Capri ayant élé prise par mes troupes, je dois apprendre cet événement par mon ministre de la guerre, à qui vous devez en rendre compte. Il faut avoir soin de ne rien faire qui puisse, sous ce point de vue, blesser moi et Tarmée française*. » Et voilà Murât à cet égard ramené, comme jadis Joseph, dans la subordination des ministres de la guerre de l'Empire. Nj^poléon ne cessa point de lui faire sentir le joug.

Murât souffrait un moment de vanité blessée ; puis il revenait avec une sorte de frénésie à la joie comme enfantine de sa couronne toute neuve. U compta que le prince Moliterno allait entreprendre de soulèvera son profit une insurrection de la Sicile; il ne savait pas que ce même personnage se mettait alors en rapport avec le gouvernement anglais, au nom du parti des « patriotes italiens » et avec l'autorisation de S. M. Sicilienne son « légitime roi et défenseur de la cause de la liberté d'Italie », qu'il promettait de réunir un corps de 4 000 cavaliers et 3 000 fantassins, qu'il demandait au gouvernement anglais de s'engager à reconnaître et à faire reconnaître par tous ses ^liés et dans tous les traités de paix qu'il ferait avec les puissances en guerre l'indépendance et la réunion de toute l'Italie dans un seul État et sous un gouvernement monarchique constitutionnel et héréditaire sur lequel siégeraient S. M. Ferdinand IV et ses descendants : ce royaume devait être reconnu exister par le gouvernement britannique et par tous ses alliés présents dès que le corps d'armée précité serait en possession de Rome. Déjà Moliterno avait préparé les proclamations qui devaient être adressées aux « Italiens » ^ Elles n'étaient pas

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