Corr., XVIII
608 LE ROI DE ROME (l809-i812)
Napies, que le roi avait dû faire beaucoup de dépenses depuis son avènement pour chasser Tennemi de Capri, pour préparer la conquête de cette même Sicile, que pourtant il était disposé à créer immédiatement quatre duchés. On s'entendit là-dessus à peu près : un. décret de SchœnbrUnn du 15 août 1809 institua les duchés de Reggio, Gaële, Tarente et Otrante, avec un revenu foncier de 80000 francs chacun*.
Un autre décret du 2 mars 1809 chargea le trésorier général de la couronne impériale de recouvrer sur le trésor du royaume de Napies 1 million de francs par an du 30 mars 1806 au 15 juillet 1808, et 500 000 francs par an depuis le 15 juillet 1808, ressources prévues pour récompenses militaires et non acquittées jusque-là*. L'Empereur insistait sans cesse sur les constructions navales auxquelles le roi s'était engagé lors de son avènement, menaçait de considérer le traité de Rayonne comme non avenu, s'opposait à Taugmentation de la garde royale que Murât voulait porter de lAOO à /lOOO hommes, à l'organisation des milices napolitaines, à l'intention que manifestait Murât de remplacer les fonctionnaires français par des fonctionnaires nationaux, à tout ce qu'il faisait pour se donner de l'indépendance. 11 serait long de dire tous les détails de cette querelle qui ne cessa point*.
Murât accablait l'Empereur de ses protestations de dévouement; mais il faisait payer à l'ambassadeur de France l'irritation qu'il en éprouvait. Aubusson avait d'abord dit le plus grand bien du nouveau roi, de son application à la prospérité du royaume, de son bon accord avec la reine Caroline à laquelle il paraissait excessivement attaché. Cependant, dès le mois de janvier 1809, il avait eu à se plaindre de la froideur de Murât ! aux chasses du jeudi, aux bals chez la reine, le roi ne lui parlait presque pas, quelquefois pas du tout; l'ambassadeur se réjouissait quand il avait quelque excuse pour ne pas assister à ces cérémonies de cour et qu'il pouvait ainsi manifester son mécontentement. Murât sans doute voyait en lui un surveillant incommode, un agent de contrôle.
Il était surtout fâché que l'Empereur lui eût défendu toute inti-