Aff. Etr., Napies, 133, f
3. Arch. nation., AF, IV, 1685. -- AIT. Etr., Gorr. Napies, 133, r* 62.
mité avec le corps diplomatique. « Les membres du corps diplomatique, écrivait Napoléon, sont des espions que rien ne peut contenter, qui écrivent d'autant plus de sottises qu'on les traite mieux. Ayez une grande audience diplomatique tous les mois, et ne les voyez que là. Un membre du corps diplomatique ne doit jamais dîner avec vous*. » Murât voyait surtout dans cette défense une précaution contre lui-môme, Tintcntion chez l'Empereur de Tempêcher d'avoir des rapports indépendants avec les puissances étrangères.
Aussi lorsque l'Empereur lui reprocha sa conduite à l'égard de Tambàssadeur de France, en lui rappelant combien il avait à se plaindre de toute sa politique, Murât lui répondit : « Si M. d'Aubusson n'a jamais été reçu par moi et s'il n'a jamais été invité à dîner ni admis à des privilèges particuliers, c'est que Votre Majesté m'avait défendu expressément de ne recevoir le corps diplomatique qu'une fois tous les mois dans un cercle général... Voilà, Sire, ce qui régla ma conduite et je jure à Votre Majesté qu'il n'est jamais entré dans ma pensée de ne pas faire jouir à ma cour l'ambassadeur de Votre Majesté de toute la considération que son choix seul lui mérite. Sire, faites cesser un état de choses qui produit dans tout le royaume le plus mauvais effet, qui empêche la marche des affaires; faites qu'on ne puisse plus dire que j'ai encouru votre disgrâce, tandis que je n'ai dû jusqu'à ce moment lé peu de succès de mon administration qu'à l'opinion généralement répandue que j'étais l'enfant gâté de Voire Majesté, que tout ce que je faisais était ordonné ou insinué par Votre Majesté. Sire, oui, votre cœur est le même pour moi; il ne peut pas être changé, parce que le mien ne me reproche rien. Rendez-moi donc le bonheur en rétablissant les anciennes relations. »
Et, dans une autre lettre, il jetait tous les torts sur l'ambassadeur. « Sire, je souffre, je suis malheureux, parce que j'ai souvent le malheur de vous déplaire et que dans aucun instant de ma vie je n'ai eu que le désir de vous servir. Prenez ma position en considération; je mérite toujours vos bontés... Envoyez ici, Sire, un autre ministre : celui qui est chargé de vos affaires ne vous représente pas dignement. Il vit publiquement avec une fille qui loge
1. Corr., XIX, 15887. — AIT. Etr., Naples, 133, f'* iO-^i, 62-65. DiuAULT. — Italie. 39
au palais de France, paraît en loge, en voilure, a\"ec elle, ne voil personne, ne rend pas les visites aux généraux français, ne donne pas un dîner et s'amuse à tracasser le mar-quis de Gallo et moi. Par conséquent, envoyez jci un brave liommc qui ail votre confiance; je vous promets qu'on aura pour lui tous les égards qu'on doil au représentant de Votre Majesté... Il y a bien longtemps que je vous ai quille, cl Dieu sait quand je reverrai Votre Majesté : Elle ne se rappelle plus de ce pauvre Mural qui voudrait donner sa vie pour lui*. »
Dés lors les incidents furent presque quotidiens entre la cour et lambassadeur de France; on se reporte par la pensée au temps de Tambassade Alqiiier. Kn mars 1809, on célèbre Tannivcrsaire de la naissance de Leurs Majestés Siciliennes; Aubusson se rend au palais, les sentinelles Tempéchenl de passer; il s'en va, adresse au marquis de Gallo une lettre vigoureuse pour relever ce manque d'égards. A la promenade, Aubusson rencontre le roi, se précipite pour lui faire sa cour : le roi se détourne vers sa suite el fait semblant de ne pas le voir. Le minisire de Hollande n'est pas aulremeul trailé. Le ministre de Russie, M. de Bibikof, est au contraire fort aimablement recul On l'avait longtemps laissé à l'auberge, et la cour n'avait rien fait pour l'aider à trouver un logement; M. de Gallo avait été plus de cinq semaines avant de l'inviler à dîner Puis, tout d'un coup, on s'était mis à le traiter avec une faveur comme affectée; il était admis couramment cbez le roi, au cercle de la reine; el cela était d'autant plus étrange que M. de Bibikof n'était pas un ami de la France el ne s'en cachait point, manifestait sa joie en voyant apparaître une frégate anglaise dans le port de Naples, en apprenant de mauvaises nouvelles des troupes françaises en Autriche ou en Espagne. Évidemment Mural voulait être un roi indépendant, cherchait à se dégager de la suzeraineté impériale, à prendre ailleurs son appui ^.
Cela ap|)araissail dans les moindres détails de sa conduite. Il refusait à Aubusson le droil de mettre les armes impériales sur sa maison, sous prétexte que cela n'était pas permis aux ministres
i. Arcli. nation.. AF. IV, 108o : ces lettres du roi Joachim sont inédites et entièrement de sa main.