‹ Napoléon en ItalieChapitre 376 sur 423 · AIT. Etr., Corr. Naples · texte numérisé non relu

AIT. Etr., Corr. Naples

des autres cours. « Je ne vois pas, s'écriail Aubusson, pourquoi le roi pourrait êlre choqué de voir sur Thôlel de l'ambassade les » armes de Sa Majesté Impériale et Royale, qui est le protecteur de ses États et de qui il lient son royaume. Ce ne serait point une raison pour que les ministres des autres puissances pussent en faire autant, comme on m'en a fait l'objection; elles peuvent traiter de pair avec le roi de Naples, qui ne saurait de son côté traiter de pair avec l'Empereur que l'on doit à peu près regarder comme Empereur d'Occident. >> C'était justement ce que Murât n'admetlait pas; il copiait les institutions de la cour impériale, il appliquait la même rigoureuse étiquette. « La cour de Naples, dit encore Aubusson, a la prétention constante de s'élever au niveau de celle de France ^ »

En arrivant à Naples, le roi Joachim avait demandé l'autorisation de l'Empereur pour les diverses nominations ministérielles qu'il avait à faire. L'Empereur ne répondit pas, c'était sans doute une manière de dire qu'il n'approuvait pas les changements projetés. Murât demandait Belliard comme ministre de la guerre et, faute de la permission de Napoléop, il parlait de nommer Reynier, quoiqu'il pût craindre ainsi d'exciter le mécontentement de l'Empereur. L'Empereur ne répondit pas. « Comment se conduire, se lamentait le pauvre Murât, comment gouverner, Sire, quand on craint à chaque pas d'être arrêté ou de déplaire? Je suis loin de vouloir me plaindre : les plaintes ne sont pas de saison, il faut que mon sort s'accomplisse; mais peut-être aurais-je pu m'attendre à d'autres sentiments! Que j'étais loin de prévoir tant d'injustice et de sévérité! J'en mourrai de douleur! » etc. Las d'attendre, il nomma Reynier ministre de la guerre. Il eut alors une réponse; ce fut le refus de l'Empereur de permettre à Reynier de prendre ce portefeuille. Peu à peu cependant le changement des personnes s'accomplit, M. de Gallo conserva le ministère des relations extérieures, et Murât réussit à s'entourer de ses amis personnels : Agar, devenu comte de Mosbourg, le chevalier de Zurlo, le marquis Pignatelli. Après la mort de Saliceti, en décembre 1809, il contia la direction de la police à Maghclla. Son aide de camp, le colonel de Lavauguyon, fut fait général dès son arrivée à Naples ^ De la

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