‹ Napoléon en ItalieChapitre 378 sur 423 · Afr. Elr., Naples, 133, T** 221, 224, 226, 27:>, 31 i · texte numérisé non relu

Afr. Elr., Naples, 133, T** 221, 224, 226, 27:>, 31 i

jours à Voire Majesté depuis mon arrivée à Compiègne. Je ne me plains pas de ne pas avoir clé reçu; je me plaindrais encore moins des changements qui me rendent peu heureux. Mais j'avouerai à Votre Majesté que j'étais loin de m'attendre que dans une circonstance qui vous montre si heureux à tous vos sujets, à tous vos amis, je dusse ôlre le seul malheureux. Mais, patience! Je l'aurais sans doute mérité; car Votre Majesté ne se montre jamais injuste pour personne, et vous fûtes autrefois toujours bon pour moi. Cependant, Sire, je ne puis supporter plus longtemps ma douleur; j'étais trop accoutumé à vos bontés que j'avais toujours cherché à mériter; il est temps d'y mettre un terme; je me présenterai encore ce matin; je vous prie en grâce de me recevoir*. »

Ce roi, beau-frère de l'Empereur, réduit à faire antichambre, pendant plus de deux semaines, quel pitoyable spectacle! Il dut comprendre qu'il n'était pas l'égal de l'Empereur; loin des splendeurs de la cour de Naples, il était ramené brutalement à la réalité; il sentit toute l'humilité de sa condition. Il en fut profondément blessé.

11 fut enfin reçu quelques moments. On voudrait connaître les paroles qui s'échangèrent; elles sont demeurées le secret de l'Empereur et du Roi. Il obtint quelques petites satisfactions. Le décret du 19 avril 1810 l'autorisa à garder des soldats français à son service : « Les militaires appartenant à des corps français ou étrangers qui, antérieurement au 20 avril 1810, sont entrés dans des corps napolitains sans autorisation spéciale, sont autorisés à y rester; mais ils ne pourront rien réclamer de leurs anciens corps, et ceux qui étaient chargés d'une gestion dont ils n'ont pas rendu compte seront tenus de l'apurer. » Beaucoup de ces soldats, dans ces conditions, craignirent d'èlre définitivement exclus de l'armée française et abandonnèrent quand même le service du roi de Naples. La convention du 23 juin 1810 allégea quelque peu les charges financières qui pesaient sur le gouvernement napolitain par des échéances un peu plus espacées; mais il demeura lié encore étroitement à la France par les créances qu'elle avait sur lui. C'est ainsi qu'après Tilsilt Napoléon avait tenu longtemps

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