‹ Napoléon en ItalieChapitre 385 sur 423 · AfT. Etr., Naples, 137, f · texte numérisé non relu

AfT. Etr., Naples, 137, f

champ de balaille, TEmpereur ne peut se dissimuler qu'il est faible de caractère et facile à tromper; TEmpereur voit qu(i le iloi sd crée des fantômes qui Teffraienl. »

Le maréchal devait éclairer le roi sur ses vrais intén'Hs. « \'mis êles autorisé à assurer Sa Majesté que l'Empereur ne vl'iu noiril réunir Naples à la France, à lui faire observer que, si riCmpcreur avait eu en vue cette réunion, il Taurait faite ouvertement, qu'il ne l'a pas voulu parce que le royaume de Naples n'a pas besoin d'être réuni pour faire partie du grand Empire, qu'il t^ori vient h l'Empereur que le roi règne à Naples, mais que rEnipereur ne peut oublier qu'il est empereur de Naples et qu'il en est le suzerain, comme il l'est du royaume d'Italie qui fait aussi f»Mriie du grand Empire; que c'est faule de reconnaître ces priJicipes ijuc les gouvernements de Rome ou de Hollande se sont penliis; quit le roi enlin, par des inquiétudes sans fondement, ne peut que s'environner de précipices, et que ce ne serait que par une suiti* de la conduite où des dangers imaginaires rentraîneraient que sa situation pourrait être compromise sur un trône où iï suit que l'Empereur ne l'a fait monter que pour l'intérêt de la Fraiu e et de la politique du grand Empire *. »

Comme des armements suspects continuaient à GaeEe, Tin nier reçut l'ordre d'y mettre un ou deux bataillons français, avec un commandant français. Durant eut mission d'en informer le roi el de donner tous ses soins à prévenir une résistance qui seniiï funeste. « Vous devez faire connaître, qu'au cas où l'on s^^opimserait à cette mesure, vous avez ordre de quitter Naples, el il ne faut point qu'on ignore alors quels seraient les résultais de cette extrémité. Si vous revenez, l'intention de l'Empereur est d'informer le Sénat de la conduite du roi, d'apprendre à la France qu'il a fermé aux Français les portes d'une ville qu'ils ont c^ïllquise, qu'il a outragé les drapeaux sous lesquels il a eu riifinneiir de combattre avant que le sang français lui ail élevé un trône, et i[ii enfin il a cessé de régner. » Durant se rendit chez le roi ; l'eiilielien fut très pénible; Murât fit au ministre la véhémente énuiiiêration des preuves de dévouement qu'il avait données à risrr»|>ereur dont il avait été le séide; il déclara sa détermination de qniiler la

i. AIT. Etr., Naples, 137, f** 162-163 : instructions du maréchal P^^riKiïOîi, lïu 16 sept. 1811.

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couronne s'il n'avail plus la confiance de TEmpereur; il s'indigna en grands éclats de voix et de gestes; mais il donna Tautorisation de mettre des troupes françaises à Gaële, comme en n'importe quelle ville du royaume, comme à Naples même, partout où l'Empereur le voudrait. Le commandement de Gaële fut en effet donné à un général français, qui, pour ménager les susceptibilités de Murât, adressa ses états de situation à la fois à Naples et au quartier général de Grenier. L'affaire se trouva arrangée. La période fiévreuse de la crise était passée *.

Dolgorouki étant arrivé à Naples menaça d'en partir aussitôt si la cour de Russie ne recevait pas aussi un représentant napolitain, et sur permission venue de Paris le prince Torella se disposa à partir pour Saint-Pétersbourg; mais il laissait à Naples sa femme et sa famille; il n'emportait ni instructions ni lettres de créance; il devait faire un séjour à Rome, puis à Milan, puis à Gènes, oii ses propres affaires le retiendraient assez longtemps. Il devait faire un voyage de curiosité, s'arrêter partout où il pourrait, sauf aux lieux où quelque agent russe pourrait noter son peu d'empressement ; il devait s'arranger de manière à n'approcher des frontières de Russie qu'aulant qu'il en aurait reçu un ordre nouveau. D'ici là sans doute les événements l'empêcheraient d'aller plus loin '. Tels étaient du moins les ordres de l'Empereur.

Murât alla voyager quelques jours du côté de Policastro pour se tenir plus à portée des bruits qui venaient de Sicile; la rupture y venait d'éclater entre la reine Marie-Caroline et le commissaire anglais William Bentinck ; Ferdinand avait été obligé d'abandonner le pouvoir et de reconnaître son fils François comme vicaire général du royaume; la reine allait partir pour Vienne. La Sicile était aux Anglais : cela ne favorisait point les desseins de Murât; il ne s'y produisit point le soulèvement nationalqu'il espérait'.

i. AIT. Etr., Naples, 137, f»' 459, 163, 190, 200.

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