‹ Napoléon en ItalieChapitre 388 sur 423 · A (T. Elr., Naples · texte numérisé non relu

A (T. Elr., Naples

Calabre. Alors il reçut une lellre de son nouveau ministre à Paris, le chevalier de Caracciolo, devant qui l'Empereur, dans son audience de réception, s'était exprimé dans les termes les plus sévères et les plus menaçants sur toute la conduite du roi, lui reprochant de prétendre se faire un parti en Italie et de chercher à s'y créer une influence personnelle.

Mufat enfin se résolut à partir; sans doute le débarquement des Anglais lui parut tout à coup moins imminent; évidemment il eut peur de quelque éclat de l'Empereur et ne s'estima pas de force encore à le braver. Il accorda une dernière audience au baron Durant le 26 avril : « Je vais à Paris, lui dit-il ; j'y serai dans huit jours. J'espère y trouver l'Empereur. Je lui porte mon cœur, ma tète. Je me mets absolument dans ses mains; je vais lui déclarer que, s'il fait la guerre, je ne le quitte pas; je veux regagner sa confiance. Je fais partir mon contingent et plus de la moitié de ma garde, en tout 11 500 hommes... Je me confie aux soins de Sa Majesté pour tout ce qui regarde la sécurité de mon royaume. S'il y a la guerre, la reine reviendra auprès de ses enfants ». — € Sa Majesté, ajoute Durant, ne m'a même pas dissimulé son intention de discuter personnellement avec l'Empereur les rapports de suzeraineté qu'elle hésite encore à reconnaître. Comme Français, comme soldat, elle se déclare hautement sujet de l'Empereur; comme Roi de Naples, elle prétend une parfaite indépendance, ou elle demande au moins que l'organisation du Grand Empire soit proclamée et que sa place y soit définie *. »

L'Empereur n'eut pas aussitôt le loisir de formuler ces définitions. Il s'occupa d'abord de la campagne de Russie où Murât fut emmené avec son contingent. La reine Caroline, rentrée à Naples le 2 juin, y fut chargée de la régence. Mais il apparaît bien de tous ces événements que la situation de Murât à Naples, mal définie à son gré, conservait un caractère provisoire. « La destitution de Murât, écrit M. F. Masson avec toute vraisemblance, était ajournée au moment de la réorganisation de l'Italie ^ » Mais il fallait vaincre la Russie; en attendant, l'Empereur entraînait dans la Grande Armée tous les contingenis italiens, comme allemands ; il contenait pour un temps encore les partis nationaux.

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