Mémoires du duc de Raguse, lU, 21-il
naître son indépendance... L article du traité relatif à Baguse dît que j'en reconnais Tindépendance, mais non que je dois Téva^ cuer *.
Le traité d'Oubril ne fut pas ratifié par le tsar, ce qui donna à Napoléon le droit, ou du moins roccasion de garder Raguse. Les traités de Tilsitt furent muets sur ce sujet; cela laissa à Napoléon la liberté de fixer à son gré les destinées de la République. Il s'en occupa assez vite. Sur son ordre, le 31 janvier 1808, Marmont publia le décret suivant :
c Le général en chef de Tarmée de Dalmatie ordonne ce qui suit : 1"" Le gouvernement et le sénat de Raguse sont dissous* — 2"* Les tribunaux civils et criminels actuellement existants sont dissous. — 3** M. Bruère, consul de France, sera pour le moment et provisoirement chargé de l'administration du pays '. »
Le lendemain Marmont en rendait compte à l'Empereur . Il rappelait les fautes commises par le Sénat de Raguse et qui nécessitaient ce traitement : il ne cessait de faire tous efforts à Vienne et à Gonstantinople pour la reconnaissance de son indépendance ; les marchands refusaient de naviguer sous pavillon italien, en multipliant les prières publiques, les pèlerinages à Saint-Biaise, les processions pour obtenir de la clémence du ciel la libération de ce pays, « comme si être admis parmi vos sujets n'était pas un bienfait de la Providence ». Ce n'est paé le langage des Mémoires du duc de Raguse, où il est dit : « C'est cette heureuse popuialion à laquelle nous sommes venus enlever brusquement la paiv et la prospérité ». Donc, le 31 janvier, le Sénat était réuni en séance ordinaire; Marmont y envoya un officier, Tadjudant^commandant Delort, sous-chef de l'état-major général, qui lut l'ordonnance de dissolution et procéda à la séparation de l'assemblée. Il n'y eut pas de résistance.
Pourtant Napoléon mis au courant exigea une petite précaution de plus. « J'approuve ce que vous avez fait relativement au sénat de Raguse, mais, ce qui est le mieux, c'est que vous envoyiez en surveillance dix des principaux membres à Venise et à Milan, afin de préserver ces malheureux d'excès qui pourraient les conduire