Corr., VII
22 vendémiaire an X (14 oct. 1801), qu'il fallait que les notables fassent rendus à Lyon le 20 brumaire (11 nov.), afin qu'il pût être de retour à Paris le 1*' frimaire (22 noT.). Les choses ne purent pas être précipitées tout à fait à ce point. Cependant on ne perdit pas de temps.
Murât, qui depuis Tannée précédente commandait en Toscane, venait d'être appelé au commandement en chef de l'armée d'Italie^ c'est-à-dire du corps d'occupation de la Cisalpine. Depuis le 18 brumaire jusqu'à Taffaire d'Espagne, Murât fut Thomme des solutions rapides. Le gouvernement provisoire de Milan fut, le 21 brumaire, invité à convoquer immédiatement la Consulte pour voter elle-même la convocation de la Consulte extraordinaire de Lyon. Mais il faut laisser parler le général lui-même; il écrivait, le
23 brumaire, au Premier Consul* : « J'ai reçu, mon général, la dépêche du ministre des relations avec les différentes instructions qu'elle renfermait. Je m'empresse d'ajouter que vos vœux sont remplis : — convoquer le comité de gouvernement, l'amener au but désiré, rédiger le message à la Consulte, et en obtenir la loi qui convoque la Diète extraordinaire à Lyon, a été l'affaire de huit heures. » Murât ne dit pas si la Consulte, composée de aO membres, était en nombre, si on put ainsi, au pied levé, en réunir la majorité; mais c'était sans doute un détail insignifiant; Dëanmoins il fait songer aux circonstances extra-légales de la convocation du Conseil des Anciens au matin du 18 brumaire. Ne prononçons point cependant le grand mot de coup d'État.
Murât continue : « Aujourd'hui (23 brumaire) le comité s'est assemblé, et a, sous nos yeux*, le cadastre à la main, procédé à féleclion des 148 notables; je puis vous répondre de ce choix; tous les élus jouissent de la plus grande considération et sont les plus riches de la Cisalpine. » Murât ne dit point si sa présence au comité était très légale et s'il avait le droit de peser en quelque manière sur ses choix. Mais cela encore est sans doute un détail sans importance. Il faut le retenir seulement pour pouvoir ensuite déterminer les caractères de la consulte ainsi composée.
Écoutons toujours le récit du général de l'armée d'Italie : « Le choix des administrations départementales et celui des gardes