‹ Napoléon en ItalieChapitre 51 sur 423 · Corr., vu · texte numérisé non relu

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II était nécessaire aussi de rassurer le gouvernement de Vienne. On y avait suivi les délibérations de la Consulte avec une attention toute particulière. « Tous les yeux ici sont fixés sur Lyon, écrivait Charapigny, alors ambassadeur en Autriche; on ne s'y intéresserait pas davantage si le sort de l'Allemagne y devait être décidé. » On y fut très étonné des résultats ; € on ne s'y attendait en aucune manière; il n'est point difficile de reconnaître que ces nouvelles ne sont point ici agréables * ».

Talleyrand envoya alors ses instructions à Ghampigny; il le chargeait de notifier officiellement au gouvernement autrichien l'élection du Premier Consul à la Présidence de la République Italienne et de s'exprimer ainsi : « Les plus sages citoyens de la République Italienne, réfléchissant sur la diversité des éléments qui doivent en former l'ensemble, avaient facilement persuadé à la totalité de leurs concitoyens que des rivalités, et des prétentions, et des haines immémoriales, si elles n'étaient accordées par un ascendant étranger et surtout supérieur à toutes les passions qui en devaient naître, ne pouvaient manquer de produire des désordres capables de porter atteinte à la tranquillité de l'Italie et de troubler jusqu'au repos de l'Europe. Je ne doute pas, ajoutait-il, qu'il (le gouvernement de Vienne) ne voie dans cet événement une nouvelle preuve du désir qui anime sans cesse le gouvernement de la République de consolider par tous les moyens qui sont en son pouvoir la tranquillité générale de l'Europe et de donner une garantie durable aux rapports qui en unissent les divers États ^ ».

Champigny eut donc une conférence à ce sujet avec le chancelier Cobenzl. Il lui expliqua que la Cjsalpine gardait toute son indépendance, que le pouvoir législatif, expression de la souveraineté nationale, demeurait séparé du gouvernement français, ce qui était essentiel; que dans le moment actuel le repos était le premier intérêt de toutes les puissances de l'Europe plus ou moins ébranlées par les convulsions de la République Française, qu'il fallait que ce repos fût général, qu'un seul État ne pouvait être troublé sans que les États voisins fussent dans la crainte et l'inquiétude, que le germe révolutionnaire existant dans la Cisalpine et dont les

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