AU. Elr., Turin, n^ 2TJ, f"' 55-56. — Corr., VI
iité politique, qui pourrait être interprétée comme un engagement. « 11 comprendra facilement, disait-on, que le Premier Consul a voalu évitera la France la demande éventuelle des compensations qui pourraient être mises à sa charge, et que par aucune mesure absolue il ne faut affaiblir dans les mains du Premier Consul ni le pouvoir qu'il a voulu conserver d'influer essentiellenient sur le sort futur du pays que ses armées ont délivré du joug ennemi, ni cehiî d'affranchir la République des embarras politiques de la destinée des autres peuples*. >i Cela signifie, en termes moins diplomatiques, que le Premier Consul voulait disposer du Piémont, mais sans avoir de compensations à payer ailleurs.
Lorsque Jourdan arriva à Turin, il trouva le Piémont dans une assez grande confusion, dans une sorte de détresse. La durée du provisoire y entretenait l'inquiétude générale; on demandait une constitution définitive; les royalistes annonçaient le prochain retour du roi, pour faire peur à leurs ennemis qui en étaient un peu dupes. Mais surtout l'occupation française était lourde. Masséna, commandant en chef de l'armée d'Italie, frappa une contribution extraordinaire d'un million sur les riches, sur les possesseurs d'une fortune d'au moins 250 000 francs, la plupart partisans de l'Autriche. Il établit en outre sur l'ensemble du pays une contribution mensuelle d'un million et demi, payable moitié en numéraire, moitié en denrées; enfin, l'entretien et l'approvisionnement des places fortes restaient à la charge du Piémont'.
La commission du gouvernement se plaignit. Elle demanda le droit de confisquer les biens des chevaliers de Malle; ils protestèrent et rappelèrent que leur capitulation de 1798 avec Bonaparte leur avait garanti la possession de leurs biens. Elle adressa alors à Jourdan de longues doléances, dont il faut tenir le plus grand compte, puisqu'il les reconnut lui-même pour la plupart fondées.
Elle rappelait les fautes des rois qui avaient épuisé le pays par leurs longues guerres contre la France et par leurs prodigalités. La perte des provinces au delà des Alpes avait diminué les ressources, et l'occupation française, presque ininterrompue depuis avril 1796, avait coûté très cher. L'invasion austro-russe avait achevé la ruine du pays qui était devenu absolument incapable de